Une reprise économique à deux vitesses

Accolé à une voie express et à quatre énormes tours en béton, le Job Centre (équivalent de l'ANPE) de Ladywood, à Birmingham, est balayé par un vent glacé. Sortant du bâtiment, emmitouflé, Chris fait grise mine. Ouvrier sur les chantiers depuis dix ans, il ne trouve plus rien depuis six mois. « Je n'ai jamais été si longtemps au chômage », déplore-t-il. À 36 ans, il veut suivre une formation à temps plein d'électricien, mais cela l'obligerait à renoncer à sa maigre allocation-chômage de 314 euros par mois. Autour de lui, le chômage est généralisé : « Aucun de mes amis n'a un emploi en ce moment. »À Birmingham, la fin de la récession est purement théorique. La deuxième ville anglaise ? un million d'habitants ? affiche un taux de chômage presque deux fois plus élevé que la moyenne du pays (7,8 %). Les jeunes de moins de 25 ans sans qualification sont les plus touchés. « Nous risquons d'avoir une nouvelle génération sacrifiée », s'inquiète Peter Vincent, chargé du chômage de longue durée à la mairie de Birmingham.disparités régionalesLa ville illustre la reprise à deux vitesses dans le Royaume-Uni. Si Londres et Edimbourg ont connu un début de rebond ces derniers mois, d'autres villes comme Hull (nord de l'Angleterre) ou Swindon (ouest de l'Angleterre) sont loin d'être sorties d'affaire. Pire, la récession a renforcé les disparités régionales, selon un rapport de l'association Centre for Cities : « Les villes qui ont été le plus touchées sont celles qui souffraient encore de la restructuration industrielle. » C'est en partie une surprise. Au début de la récession, nombre d'économistes prévoyaient que la crise toucherait Londres et le secteur financier. C'est le contraire qui s'est produit.À Birmingham, où 15 % des emplois proviennent directement de l'industrie, l'impact a été violent. La fermeture l'an dernier de l'usine de camionnettes LDV en a été l'un des symboles. « Ces emplois ne reviendront pas après la crise », estime Peter Vincent. Chris, l'ouvrier au chômage, le sait. Il doit choisir : « Il y a des emplois à Londres, notamment sur le chantier des jeux olympiques. Mais cela nécessite que j'abandonne mon appartement ici. » Abdul, soudeur au chômage, confirme : « Il y a du travail à Londres, mais ma famille est ici. » Si la situation dure, ils risquent de migrer, laissant la deuxième ville anglaise à sa récession persistante.E. A., à Birmingham

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