La ligne est coupée entre les équipementiers télécoms et la Bourse
La Tribune
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S'il est un secteur qui n'a pas bénéficié du rally boursier de 2009, c'est bien celui des équipementiers en télécommunications. L'indice Bloomberg Europe Telecommunication Equipment a perdu 4?% l'an dernier, quand le Dow Jones Euro Stoxx 50 a grimpé de 20?%. Et il n'est pas dit que le secteur refasse son handicap en 2010. L'année a en effet bien mal commencé, avec la publication, lundi, de résultats exécrables par le suédois Ericsson, numéro un mondial du secteur. Les comptes du groupe illustrent parfaitement les problématiques auxquelles les équipementiers télécoms se trouvent aujourd'hui confrontés. bond spectaculaireAu cours du seul quatrième trimestre, le chiffre d'affaires d'Ericsson a fondu de 13 %, en raison de la baisse des investissements des opérateurs de téléphonie, et son bénéfice net s'est écroulé de 92 %, du fait de lourdes charges de restructuration. Crise économique oblige, les opérateurs cherchent à faire des économies, mais, surtout, ils concentrent leur développement sur la technologie mobile de quatrième génération. Or, l'augmentation des investissements sur cette dernière ne compensera pas la réduction de ceux consacrés aux technologies plus anciennes, estiment plusieurs analystes. Difficulté supplémentaire, la concurrence des équipementiers chinois, comme Huawei et ZTE, va croissant. D'où une forte pression sur les prix de vente et, partant, sur les marges des équipementiers européens. À telle enseigne que le bureau d'analyses financières Nomura a récemment abaissé sa recommandation sur l'action Alcatel-Lucent, de « neutre » à « réduire », doutant de la capacité du groupe ? déficitaire depuis douze trimestres ? à atteindre son objectif d'une marge d'exploitation de 5 % en 2010. « Le cours actuel correspond à une marge de 6 % », s'insurge Nomura. Si Alcatel-Lucent est si chèrement valorisé en Bourse, c'est parce que son cours, à la différence de ceux de ses concurrents, a réalisé un bond spectaculaire de 55 % au cours des douze derniers mois. Soit une performance dix fois supérieure à celle du titre Ericsson. Il faut dire que la fragilité financière d'Alcatel-Lucent fait du groupe une cible parfaite, dans la perspective d'une concentration indispensable du secteur. À l'autre extrémité, nombre d'analystes considèrent Ericsson comme un prédateur tout indiqué, en raison de sa grande taille. Mais difficile d'imaginer qu'un Ericsson, dont la valeur d'entreprise n'excède pas 4,8 fois l'excédent brut d'exploitation (estimé pour 2010 par Standard and Poor's), souhaite racheter un Alcatel qui se traite sur la base d'un multiple de 5,6. Christine Lejoux
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