Explosion des populismes et instabilité politique... le désarroi des Italiens face à l'austérité

 |   |  520  mots
Les élections législatives et régionales italiennes ont réservé leur lot de surprises. Mario Monti signe un échec cuisant et Silvio Berlusconi fait son grand retour en remportant la majorité au Sénat. Mais surtout, le Movimento Cinque Stelle de l’eurosceptique et ancien comique Beppe Grillo remporte un score historique de 25% à la Chambre et de 23,79% au Sénat, bien au dessus des 15% d’intentions de vote que lui prédisaient les sondages. La gauche de Pier Luigi Bersani, donnée gagnante, remporte la majorité absolue à la chambre grâce à la prime de victoire, mais est mise en échec au Sénat.Monti, le sauveur non éluPour comprendre ces résultats, il faut remonter au mois de novembre 2011. Les marchés financiers attaquent la dette italienne et provoquent la chute du gouvernement de l’infatigable Silvio Berlusconi, devenu infréquentable en Europe. L’ancien Commissaire européen et banquier de Goldman Sachs, Mario Monti, s’impose alors comme le sauveur au Palazio Madama… sans passer par la case élection, pour imposer le plan d’assainissement budgétaire réclamé par Bruxelles et les investisseurs.L’effet Monti sur les finances publiques est indéniable. Entre 2011 et 2012, le déficit public de la botte passe de 3,9% du produit intérieur brut à 2,6% selon les dernières estimations du gouvernement Monti. Ce qui vaut à l’Italie les bons points de Bruxelles et au Professore une réputation infaillible parmi les partenaires européens.Populisme et euroscepticismeMais le tribut pour la population italienne est lourd : hausse de la TVA, création d’une très impopulaire taxe immobilière, coupes dans les dépenses publiques et flexibilisation du marché du travail. Résultat, le pays entre en récession. En 2012, le PIB italien se contracte de -2,3%. Pendant de la récession, le chômage augmente, passant de moins de 10% lors de l’arrivée au pouvoir de Mario Monti à 11,2% fin 2012 selon Eurostat. De quoi laisser des traces dans la tête des Italiens, réputés europhiles, mais qui doutent de plus en plus des bienfaits de la politique prônée par Bruxelles et le nord de l’Europe.Lassés par les discours européistes, les transalpins se sont, plus que prévu, tournés vers le populisme de Silvio Berlusconi, pour qui le « fascisme n’a pas eu que des mauvais côtés » et qui promettait lors de la campagne de rembourser sur sa fortune personnelle les 4 milliards d’euros prélevés au titre de l’impopulaire nouvel impôt foncier (IMU), et l’euroscepticisme de Beppe Grillo, chantre de la semaine de 20h et de la sortie de la monnaie unique.Au-delà d’un pays pour l’heure ingouvernable, il faut surtout retenir l’appel des Italiens, qui comme les Grecs avant eux avec le mouvement Syriza (extrême gauche) et d’Aube dorée (extrême droite), sont de plus en plus réceptifs aux discours nationaliste et anti-européen.>> DOSSIER SPECIAL ELECTIONS ITALIENNES : Une terre de mystères au coeur de la zone euro>> A la suite des élections italiennes, les Bourses plongent

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :