En Inde, la Bourse applaudit la présentation du budget

Il lui faudra désormais adjoindre le geste à la parole. Mais pour ce qui est de la feuille de route, les investisseurs se sont montrés plutôt satisfaits. Le ministre des Finances indien, Pranab Mukherjee, a su recueillir l'assentiment des marchés, vendredi, après avoir déclaré devant les parlementaires sa volonté de ramener le déficit budgétaire du pays, aujourd'hui de 6,9 % du PIB, à 5,5 % pour l'année budgétaire qui s'achève en mars 2011, puis à 4,8 % l'année suivante. Il compte y parvenir au moyen des privatisations et de hausses d'impôts ciblées mais sans désengagement de la part de l'État en matière de dépenses sociales. La roupie en nette progressionLa Bourse indienne, légèrement fébrile mercredi et jeudi, s'est bien ressaisie vendredi, gagnant 1,1 %, à 16.429,55 points. Tout comme la roupie indienne, qui a connu son gain le plus élevé en sept semaines (+ 0,6 %). Du côté des agences de notation, une certaine détente est également perceptible. « Ces chiffres sont encourageants », a déclaré Andrew Colquhoun, responsable de la région Asie-Pacifique chez Fitch. « Nous sommes désormais moins tentés par une dégradation de la dette souveraine », ajoute-t-il, alors que l'Inde (dont la note est BBB?) reste pour l'heure le pays le moins bien noté des quatre Bric.« Si, au cours des prochains mois, le fort engagement du gouvernement se traduit concrètement fiscalement, si l'inflation et les fondamentaux sont bien gérés, nous envisagerons une amélioration de la note souveraine du pays », a même renchéri Aninda Mitra, chez Moody's. De son côté, Standard & Poor's plébiscite la poursuite des dépenses dans le domaine social, susceptible de « mettre plus de cash » entre les mains des Indiens, et de doper la demande domestique.Cette mesure est présentée comme une condition sine qua non au soutien de la croissance du PIB, d'autant que celle-ci, pénalisée par la chute de la production agricole, a crû moins vite que ce à quoi les analystes s'attendaient (6 % contre 6,9 %) au dernier trimestre 2009. Hausse de taux en vueMalgré cette bienveillance, les attentes restent élevées. Et les défis majeurs. L'inflation, qui pourrait tendre vers 10 % dès le mois prochain, continue d'inquiéter les analystes. D'ailleurs, vendredi, les emprunts d'État à 10 ans qui avaient dans un premier temps bien réagi à l'annonce d'une croissance moins forte que prévu, se sont ensuite tendus à 7,87 % contre 7,83 % la veille, après l'annonce d'une hausse des taxes sur l'énergie, celle-ci étant susceptible d'alimenter l'inflation. « La banque centrale indienne (RBI) va devoir s'employer à une politique monétaire plus agressive », estime Robert Prior-Wandesforde, économiste chez HSBC. Le consensus lui donne raison, puisqu'il prévoit une hausse des taux directeurs dès le prochain comité de politique monétaire, le 20 avril.

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