Toutes les incertitudes sur l'économie américaine n'ont pas été levées

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« L'activité économique a continué de s'améliorer ». Dans la dernière édition de son « Beige Book », publiée il y a deux semaines, la Réserve fédérale avait de nouveau fait preuve de confiance sur la solidité de la reprise aux Etats-Unis. Pourtant, les difficultés semblent à nouveau s'accumuler devant la première économie mondiale. Jeudi, les chiffres du PIB américain du premier trimestre devraient ainsi marquer une nette contraction de la croissance. Les économistes l'estiment à 1,8 % sur les trois premiers mois de l'année, bien loin des 3,1 % enregistrés au quatrième trimestre 2010. Et encore plus loin des 3,6 % espérés il y a encore deux mois. Depuis, la faiblesse persistante du marché immobilier, le séisme au Japon, les mauvaises conditions climatiques et surtout l'envolée du prix du pétrole (qui creuse le déficit commercial et ampute mécaniquement la croissance) ont changé la donne.« Ces facteurs extérieurs vont temporairement limiter la croissance, reconnaît Robert DiClemente, chef économiste chez Citigroup. Mais ils ne devraient pas être suffisants pour remettre en cause une reprise basée sur une demande solide, sur une accélération de l'emploi et sur des conditions financières stables. » Même constat chez Goldman Sachs : « La croissance actuelle ne constitue pas une bonne indication pour les prochains mois, estime Zach Pandl. La croissance va s'accélérer dès le deuxième trimestre. » Prévisions abaisséesPour autant, 38 des 52 économistes récemment interrogés par Blue Chip Economic Indicators ont abaissé leurs prévisions de croissance pour 2011. Et la Fed pourrait également présenter ce mercredi des perspectives un peu moins optimistes. Elle table pour l'instant sur une fourchette allant de 3,2 % à 3,9 %.Avec la hausse du coût de l'essence à la pompe, tout proche de la barre symbolique de 4 dollars le gallon, le moral des ménages américains est mis à rude épreuve. Et leur pouvoir d'achat s'en trouve réduit, dans un contexte de stabilité des salaires. En avril, les ventes au détail ont ainsi enregistré leur plus faible progression depuis juin 2010 (+0,4 %). Parallèlement, l'évolution des cours du pétrole a relancé les pressions inflationnistes. Des pressions « temporaires » selon la Réserve fédérale. Reste que les prix à la consommation ont encore grimpé de 0,5% en mars par rapport au mois précédent. En rythme annuel, ils ressortent en hausse de 2,7 %. Deux fois plus qu'en décembre. L'inflation de base, hors énergie et alimentation, demeure toutefois modérée : à 1,2 % en rythme annuel, elle est encore inférieure à l'objectif de 2 % de la Fed. Cela laisse donc à l'institution une marge de manoeuvre non négligeable pour poursuivre son deuxième mandat, l'emploi. Car si la situation s'améliore nettement, le rythme des embauches reste limité et le repli du taux de chômage s'explique en grande partie par une contraction de la population active.Dans ce contexte déjà incertain, l'issue du bras de fer auquel se livrent, à Washington, démocrates et républicains sur les questions budgétaires inquiète. Trop de coupes dans les dépenses pénaliserait la reprise. Mais pas assez pourrait menacer le AAA des États-Unis... Jérôme Marin, à New York

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