Libre-échange UE/USA : la France marche à reculons

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Paris rétrograde. Bien entendu, la France s’est réjoui du vote du Parlement européen jeudi en faveur de l’exclusion de l’exception culturelle et du secteur de l’audiovisuel du mandat des négociations avec Washington pour le projet de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis. “J’étais seule au départ. A l’arrivée, j’ai une grosse majorité du Parlement européen qui vote ce que nous voulions”, s’est félicitée jeudi la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq, a rapporté l\'AFP. Mais cette avancée majeure - la France a toujours martelé que le retrait de l’exception culturelle constituait une condition sine qua non aux négociations - ne suffit pas.Le doute envahit de nouveau ParisEn effet, le doute ressurgit. L\'accord suscite un refus frontal à la gauche du Parti socialiste. Un collègue de Nicole Bricq au sein du gouvernement déclare ainsi - sous le couvert de l\'anonymat - que \"le problème n\'est pas de gagner des exemptions sur l\'exception culturelle mais de se demander stratégiquement si on a besoin de cet accord\". Sa réponse est sans appel: non.Il faut dire que la France a été la première a émettre des doutes sur l’utilité d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis et à s’interroger quant à l’empressement de Bruxelles de signer un tel accord. Le député européen Jean-Luc Mélenchon le premier, a émis de telles réserves. L’ancien candidat à la présidentielle a ainsi toujours dénoncé ce projet, qui, s’il voit le jour, entraînerait selon lui le suicide de l’Union européenne. Début du débat sur le \"Grand marché transatlantique\" à #Strasbourg. Le suicide de l\'#UE est commencé...— Jean-Luc Mélenchon ! (@JLMelenchon) 22 mai 2013 De son côté, la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq a toujours tempéré les ardeurs de Bruxelles expliquant qu’il fallait prendre le temps d’élaborer un mandat de négociations ferme et précis. \"L\'Europe est peut-être un peu fatiguée, mais elle a quand même 500 millions de consommateurs. Quand on va négocier avec un partenaire aussi redoutable, on ne va pas en position de faiblesse\", estime-t-elle. \"Nous avons des intérêts offensifs dans l\'agroalimentaire, le textile et l\'habillement (...) Je compte bien me servir de cette négociation pour arriver à ouvrir les marchés publics aux Etats-Unis, qui sont beaucoup plus fermés que les marchés publics en Europe\", souligne-t-elle. \"Il y a plein de choses formidables dans ce projet mais ce n\'est pas pour cela que je vais m\'engager en culotte courte dans une négociation\", a encore lancé Nicole Bricq fustigeant la façon dont selon elle la Commission dit \"voilà on négocie tout\". Penser qu\'ainsi les Américains vont en retour ouvrir leurs marchés \"c\'est vraiment faire preuve d\'une très grande naïveté\", a-t-elle ajouté.Nicole Bricq a d\'ailleurs très tôt fait part de son scepticisme quant au “chiffrage de salon” de Bruxelles, selon lequel un partenariat transatlantique serait hautement bénéfique pour l’Union européenne. De son côté, David Cameron, lui en est convaincu. A tel point que le Premier ministre britannique espère que \"le processus soit lancé à temps pour le sommet du G8 (les 17 et 18 juin en Irlande du Nord, ndlr). Mais le chemin reste encore pavé d\'embûches.Lire aussi: un accord de libre-échange UE-Etats-Unis trop alléchant sur le papier ? 

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