Huile d'olive : les dessous d'une bataille réveillée par Bruxelles

Le marché de l\'huile d\'olive se résumerait-il - comme pour la dette européenne - par un affrontement entre pays du sud et pays du nord de l\'Europe ? La question semble se poser à l\'heure où le commissaire européen chargé de l\'Agriculture a été contraint de renoncer jeudi à sa proposition fixant l\'étiquetage de l\'huile d\'olive ainsi que la façon de la servir dans les restaurants. \"J\'ai décidé de retirer la proposition de réglementation, car elle n\'a pas obtenu un soutien suffisant lors d\'un vote (des Etats membres) la semaine dernière\", a annoncé Dacian Ciolos. Servir l\'huile d\'olive dans des flacons à usage uniquePlus précisement, le projet visait à combattre l\'huile servie dans des flacons rechargeables - souvent sans étiquette - et souvent coupée à l\'huile de tournesol. La règlementation aurait donc imposé aux restaurateurs de servir l\'huile d\'olive dans des flacons étiquetés et scellés, à usage unique. Les restaurateurs, mécontents, y voyaient là surtout un coût beaucoup trop élevé, qui se serait répercuté sur les prix proposés et donc sur l\'addition des clients. Parmi les 15 pays favorables, le projet a notamment été approuvé par la Grèce, le Portugal, l\'Espagne et l\'Italie qui produisent à eux seuls plus de 97% de l\'huile d\'olive de l\'Union européenne, en grande partie subventionnée par le budget européen, d\'après Bloomberg. En revanche, la France, l\'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande ont voté contre l\'interdiction, tandis que la Grande-Bretagne, la Belgique et la Hongrie se sont abstenues.Voir la carte des pays producteurs d\'huile d\'olive de l\'Association française interprofessionnelle de l\'olive (Afio):Un vote qui en quelque sorte reproduit la distorsion entre les économies des créanciers du Nord plus productives et les économies débitrices du Sud, les moins compétitives. Le match opposant les producteurs du Sud aux consommateurs du Nord a été remporté par ces derniers. Il faut dire que l\'huile d\'olive reste un juteux marché. La Chine - qui importe 91% de son huile depuis l\'Union européenne- en serait l\'un des plus gros consommateurs. Le pays serait même classé devant l\'Union européenne, l\'Inde et les Etats-Unis, selon les données de Oil World. La consommation chinoise d\'huile d\'olive s\'est élevée à plus de 45.000 tonnes en 2012 selon les données de l\'International Oil Council (voir le graphique ci-dessous). En revanche, la France reste un marché étroit pour l\'huile d\'olive. Le pays qui importe 90% de sa consommation d\'huile, produit surtout de l\'huile d\'olive haut de gamme, donc chère, labellisée AOC ou AOP. La production française représentait 0,24% des productions européennes d\'huile d\'olive, selon les données de France Agrimer pour 2011/2012. Dacian Ciolos a toutefois annoncé son intention de présenter \"une nouvelle proposition\" qui tienne compte de toutes les positions, des pays producteurs et des pays consommateurs, mais il n\'a pas précisé quand. \"Si je le savais, ce serait déjà fait\", a-t-il lancé visiblement contrarié. \"Je travaille pour l\'intérêt général\", a-t-il conclu. La partie n\'est pas terminée.

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