Grand oral choc pour Jérôme Cahuzac devant les députés

C’est devant les députés que Jérôme Cahuzac avait menti sur l’existence du compte en Suisse responsable de sa chute. C’est devant eux qu’il est attendu pour s’expliquer. Ce mercredi, l’ancien ministre du budget est attendu pour une audition choc devant la commission d’enquête parlementaire mise en place après qu’il ait fini par avouer la détention d’un compte bancaire dissimulé au fisc à l’étranger. Ce sera la première fois que le ténor déchu du gouvernement reviendra au Palais Bourbon, qu\'il avait du quitter contraint et forcé sous l\'opprobre générale.Rechercher d’éventuelles protecteurs au sein du gouvernementIl sera interrogé à partir de 16h30 sur d\'éventuelles protections dont il aurait pu faire l\'objet entre la révélation par Mediapart le 4 décembre qu\'il possédait un compte à l\'étranger et ses aveux le 2 avril. Présidée par l\'UDI Charles de Courson, cette commission d\'une trentaine de députés a ciblé ses investigations sur l\'action du gouvernement pendant que Jérôme Cahuzac, alors encore en poste à Bercy, niait en bloc les révélations l\'accablant, même auprès de ses conseillers les plus proches. Lors de sa seule longue intervention publique sur cette affaire, le 16 avril sur BFMTV, l’ancien ministre ne s\'était pas étendu sur la possibilité que son ministre de tutelle Pierre Moscovici, Matignon ou l\'Elysée aient pu savoir que Mediapart disait vrai. A propos du président François Hollande, il s\'était borné à dire: \"J\'ignore quel était son niveau de connaissance de cette affaire. Ce que je veux dire, c\'est que à lui, comme au Premier ministre, comme à Pierre Moscovici, je n\'ai pas dit la vérité\".\"Notre mission est de savoir s\'il y a eu entre le 5 décembre et le départ de Jérôme Cahuzac, dans le cheminement de l\'Etat, des dysfonctionnements ou non et savoir si telle ou telle décision aurait entravé le travail de la justice\", a expliqué à l\'AFP le rapporteur de la commission, le socialiste Alain Claeys. L\'ancien ministre \"est resté acteur de l\'appareil de l\'Etat. Il sera intéressant d\'avoir son sentiment, son analyse sur ce qui s\'est passé durant cette période\", a-t-il estimé. Les commissions d\'enquête parlementaires françaises ont moins de pouvoirs que celles du Congrès américain mais elles peuvent mettre au jour des informations et, dans des cas rares, saisir la justice.Les témoins qu\'elles convoquent sont tenus de se présenter sous peine de sanctions pénales et sont invités à prêter serment.De nombreux intervenants ont été ou doivent encore être entendusIl est difficile de prédire ce que l\'ex-ministre pourrait révéler de nouveau aux députés qui l\'interrogent. Une semaine à peine après la publication du premier article, une \"muraille de Chine\" a en effet été érigée entre ses services et l\'administration fiscale: il s\'agit d\'une procédure l\'empêchant d\'avoir la moindre information sur l\'enquête administrative dont il faisait l\'objet. La commission cherche notamment à savoir si cette enquête a été menée avec suffisamment de diligence par la direction générale des Finances publiques, et sans complaisance pour le ministre du Budget de l’époque. Elle a déjà auditionné depuis le 21 mai plusieurs hauts fonctionnaires de Bercy, les directeurs de cabinet de Jérôme Cahuzac et du ministre de l\'Economie Pierre Moscovici, mais aussi Fabrice Arfi, le journaliste qui a révélé l\'histoire, et le directeur de Mediapart, Edwy Plenel.Parallèlement, plusieurs acteurs locaux ont été entendus, notamment Michel Gonelle, battu par Jérôme Cahuzac aux municipales de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) en 2001, mais aussi l\'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, candidat malheureux contre le socialiste aux législatives de 2007. Tous deux ont été en possession de l\'enregistrement qui a constitué la pièce accusatrice centrale du dossier et dans lequel on entend une voix attribuée à l’anien ministre évoquer un compte secret à l\'UBS, \"pas la plus planquée des banques\". Entendu le premier jour des auditions de la commission, Michelle Gonelle doit l\'être à nouveau début juillet, après avoir été contredit par d\'autres témoins. Pierre Moscovici ainsi que les ministres de la Justice, Christiane Taubira, et de l\'Intérieur, Manuel Valls, devraient être auditionnés \"après le 14 juillet\", a assuré Alain Claeys, en précisant que les dates n\'étaient pas encore calées. La commission doit rendre son rapport en septembre.>> TIMELINE Les dates clés de l\'affaire Cahuzac>> LIRE AUSSI Il y avait à Bercy \"un sujet fiscal\" concernant Jérôme Cahuzac bien avant les révélations de Mediapart 

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