Le chômage se stabilise en mai à un niveau record

Petit répit en mai sur le front  du chômage... Un mois avec plusieurs jours fériés. Le nombre des demandeurs d\'emploi est resté stable, selon les données communiquées par le ministère du Travail. Seulement... 100 demandeurs d\'emploi en plus ont été enregistrés en catégorie « A », soit une progression de 0%. Le total des inscrits en catégorie \"A\"  atteint donc maintenant 3.264.500 pour la France métropolitaine (+ 11,5% sur un an), ce qui constitue tout de même un record, et 3.526.800 avec les Dom. Si, cette fois, on tient également compte des catégories « B et C » (demandeurs d\'emploi avec activité réduite), le nombre des chômeurs inscrits à Pôle emploi atteint  4.795.600 (+10% en un an et -0,1% sur un mois) pour la France métropolitaine et 5.093.200 avec les Dom. A noter que si les jeunes de moins de 25 ans ont profité de ce répit provisoire  (-0,5% sur un mois mais +10,7% sur un an), il en va autrement pour les seniors de plus de 50 ans dont le chômage a encore progressé de 0,6% en mai.L\'emploi intérimaire s\'est redresséPas de répit non plus pour le chômage de longue durée (plus d\'un an) qui touche désormais 1.930.200 personnes (+ 0,5% sur un mois).  Bref, la situation est toujours aussi préoccupante. Malgré tout, François Hollande affiche toujours un volontarisme à toute épreuve en affirmant que la tendance s\'inversera vraiment à la fin de l\'année. Et, surtout, que cette inflexion sera durable. Et ce alors même que l\'Insee confirme que la France est en récession. Certes, toujours selon l\'Insee, le recul de l\'emploi marchand a été limité au premier trimestre 2013 (-8 000) : l\'emploi intérimaire s\'est redressé mais l\'emploi, hors intérim, dans l\'industrie a reculé. Avec la faiblesse de l\'activité, la situation sur le marché du travail continuerait de se détériorer d\'ici fin 2013 même si la baisse de l\'emploi marchand serait atténuée par les premiers effets du crédit d\'impôt pour la compétitivité et l\'emploi (CICE). Au total, 38.000 postes seraient supprimés au premier semestre 2013 dans le secteur marchand, puis 76.000 au second semestre.Les prévisions moroses de l\'InseeSur l\'ensemble de l\'année, la baisse de l\'emploi total serait significativement plus faible que celle de l\'emploi marchand du fait de la forte augmentation du nombre de bénéficiaires d\'emplois aidés, en particulier avec la montée en puissance des fameux emplois d\'avenir. Il n\'en reste pas moins, que pour l\'Insee, la hausse du chômage va se poursuivre cette année, certes à un rythme moins soutenu qu\'en 2012, le taux de chômage passant de 10,4% à la fin du premier trimestre à 10,7% à la fin de l\'année.Or, le ministre du Travail Michel Sapin l\'a dit le 20 juin à la grande conférence sociale : il veut faire mentir ces chiffres, estimant que l\'Insee sous-estime le nombre d\'emplois d\'avenir qui seront conclus à la fin de l\'année (l\'objectif est d\'en obtenir 100.000). Pour le ministre, la montée en puissance des divers types de contrats aidés va permettre d\'atteindre l\'objectif présidentiel d\'une inversion de la courbe du chômage, malgré une croissance atone. Soucieux également de rendre cette inversion durable, Michel Sapin avait plaidé pour que le budget de son ministère pour 2014 soit doté de manière à pouvoir financer le même nombre de contrats aidés qu\'en 2013, à savoir 450.000 contrats aidés.Le très choyé budget emploi 2014C\'est gagné! Le ministère du Travail fait partie des très rares administrations épargnées par la rigueur imposée pour 2014. De fait, Matignon a envoyé le 25 juin les lettres plafonds (qui fixe le niveau de dépenses de chaque ministère) à chacun des ministres. Et l\'emploi y est choyé. Michel Sapin va pouvoir bénéficier d\'un budget de 10,8 milliards d\'euros, soit 700 millions de plus que cette année. Sur ce montant global, 1,3 milliard d\'euros serait affecté aux financement de plus de 430.000 contrats aidés. Quant aux emplois d\'avenir (100.000 en 2013 et 50.000 supplémentaires l\'année prochaine), ils représenteraient un coût de 1,3 milliard.  Bref, à défaut de croissance suffisante, le gouvernement met \"le paquet\" sur les emplois aidés pour ne pas laisser le chômage définitivement plomber le moral des Français déjà pas bien haut. 

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