BP cherche à tourner la page de la marée noire

La fin du début pour BP. » C'est ainsi que les analystes de la banque suisse UBS titraient la semaine dernière leur analyse sur la situation de la compagnie pétrolière britannique face à la marée noire dans le Golfe du Mexique. BP annonce ce mardi ses résultats du deuxième trimestre et Tony Hayward, son directeur général, devrait être nommé à un poste non exécutif avant de quitter le groupe en octobre. BP espère ainsi commencer à tourner la page de ce désastre écologique.Du côté du puits Deepwater Horizon, le pétrole ne fuit plus depuis une dizaine de jours, même si la clôture définitive n'est pas terminée (voir ci-contre). Cela permet aux analystes de commencer à sérieusement évaluer les dommages financiers. « Le scénario catastrophe semble avoir été évit頻, juge un analyste d'une grande banque européenne.L'estimation de la facture diffère fortement d'un analyste à l'autre. S&P Equity Research table sur 10 à 20 milliards de dollars pour l'amende, et 20 milliards pour le fonds de compensation. UBS estime que le total pour BP ne devrait pas dépasser 20 milliards, tandis que le scénario de base utilisé par la Société Généralecute; Générale est de 30 milliards de dollars sur quatre ans.« Offrande à l'opinion »Outre la fin de la fuite, BP va aussi tourner la page avec le probable départ de Tony Hayward. Un conseil d'administration lundi soir devait décider du sort de l'actuel directeur général, mais la seule inconnue semble être sa date de départ. L'Américain Bob Dudley, actuellement en charge des opérations concernant la marée noire, pourrait lui succéder. L'actuel patron de BP est victime de ses gaffes à répétition vis-à-vis de l'opinion publique américaine, notamment pour avoir participé à une régate nautique alors que la fuite était à son maximum. Il avait aussi déclaré très maladroitement : « Je veux retrouver ma vie d'avant », pour souligner à quel point il souhaitait endiguer la marée noire. Néanmoins, nombre d'analystes jugent qu'il est avant tout un « bouc émissaire ». « Ce n'était pas un mauvais dirigeant et son départ ressemble à une offrande à l'opinion publique américaine », juge l'un d'eux. Le troisième volet qui permet à BP de commencer à tourner le virage de la marée noire est la cession de ses actifs. La semaine dernière, la compagnie pétrolière a vendu pour 7 milliards de dollars une partie de ses activités en Égypte, au Canada et aux États-Unis. Elle veut aussi vendre des actifs au Vietnam et au Pakistan. Mais aucune de ces cessions ne touche les gisements les plus prometteurs de BP.En revanche, des rumeurs relayées dans la presse ce lundi suggèrent que BP envisage de céder sa joint-venture en Russie, TNK-BP. Une telle action semble improbable pour les analystes, qui soulignent que la Russie représente presque autant que les États-Unis en termes de chiffre d'affaires.

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