Bernanke sur la sellette à Jackson Hole

Ce ne sont pas les sujets d'inquiétudes qui vont manquer aux banquiers centraux réunis à Jackson Hole, ce trou de verdure du parc national du Teton dans le Wyoming où la Fed de Kansas City convie chaque année à la fin du mois d'août le gratin des têtes pensantes de l'économie et de la finance de la planète. Le premier d'entre eux, Ben Bernanke, est particulièrement attendu. Le président de la Réserve fédérale américaine s'exprimera ce vendredi dans le cadre du symposium pour la première fois depuis le 21 juillet. Il avait alors lâché, lors de son audition semestrielle devant le Congrès, que l'avenir de l'économie américaine était inhabituellement incertain. Avant même son intervention, le patron de la banque centrale la plus puissante du monde connaîtra le chiffre de tous les dangers : la deuxième estimation du PIB des États-Unis au deuxième trimestre. Initialement annoncé en hausse de 2,4 % en rythme annualisé, il risque d'être fortement amputé, le consensus faisant état d'une croissance limitée à 1,4 %, bon nombre d'économistes avançant un chiffre nettement inférieur. Si tel était le cas, le pessimisme affiché par Bernanke, notamment sur l'avenir de la situation de l'emploi outre-Atlantique, pourrait bien se traduire en actes et conduire la Fed à prendre de nouvelles mesures de stimulation de l'activité, telle une extension des rachats de titres de la dette publique américaine. Car, après les 300 milliards de dollars acquis de mars 2009 à mars 2010, la Fed se contente, depuis la décision prise lors de sa réunion du 10 août, de réinvestir en bons du Trésor le produit des remboursements liés à son portefeuille de titres hypothécaires, ce qui correspond à quelque 9 milliards de dollars depuis le début du programme amorcé le 17 août. Bernanke sera d'autant plus attendu sur cet enjeu que de nouvelles prévisions, concernant le troisième trimestre cette fois, font état d'une amplifiation du ralentissement de la croissance. C'est le cas pour Nouriel Roubini, le « gourou » de l'Université de New-York qui avait prédit la crise : bien qu'il pêche rarement par excès d'optimisme, l'économiste annonce un PIB « nettement inférieur » à 1 % pour la période qui va de juin à septembre. La détérioration du commerce extérieur de l'oncle Sam, la lenteur de la reconstitution des stocks et le rechute spectaculaire de l'immobilier pourraient bien lui donner raison. C'est clair : Ben Bernanke, le premier orateur du symposium, est aux antipodes du millésime 2009, où il avait affiché un optimisme, certes mesuré, sur l'économie américaine qui allait connaître un taux de croissance de 5,7 % au dernier trimestre de 2009. À l'époque, il pouvait encore voir le verre à moitié plein.Le 21 juillet dernier, le président de la Fed avait lâché que l'avenir de l'économie américaine était inhabituellement incertain.

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