UBS, ou le rêve brisé d'égaler les ténors de Wall Street

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UBS est punie par là où elle a péché. La première banque suisse a écopé lundi d\'une amende de près de 30 millions de livres sterling (37 millions d\'euros), infligée par la FSA (Financial services authority, le gendarme de la Bourse britannique), au titre des opérations illégales effectuées par l\'un de ses anciens traders londoniens, Kweku Adoboli, opérations qui avaient débouché sur une perte de 2,3 milliards de dollars (1,8 milliard d\'euros) en 2011.Surtout, la Finma -le régulateur bancaire suisse, avec lequel la FSA s\'est concertée- a annoncé lundi qu\'elle interdisait à la division de banque d\'investissement d\'UBS, au sein de laquelle travaillait Kweku Adoboli, de procéder à de nouvelles acquisitions. Sur le plan commercial non plus, cette division n\'aura plus les coudées franches, puisque tout nouveau produit ou service devra être soumis à l\'aval de la Finma avant d\'être commercialisé. Enfin, les capitaux de la banque d\'investissement d\'UBS ne pourront plus excéder une certaine limite, que la Finma abaissera progressivement jusqu\'en 2015.Le rêve de devenir une grande banque d\'affairesUBS ne sera donc plus jamais la grande banque d\'investissement qu\'elle rêvait de devenir lors de sa naissance, dans les années 1990, et qu\'elle a été, c\'est vrai, de 2000 à 2008. Née en 1998 de la fusion entre l\'Union des Banques Suisses et la Société de Banque Suisse, UBS a très vite voulu faire jeu égal avec les grandes banques d\'affaires de Wall Street, à savoir Goldman Sachs, Morgan Stanley et feu Lehman Brothers. Un rêve devenu réalité au fur et à mesure des acquisitions réalisées par la banque aux Etats-Unis, qui a tour à tour englouti Brinson Partners, O\'Connor, SG Warburg, Dillon Read et PaineWebber. A partir de 2006, UBS pénètre ainsi dans le cercle très fermé des grandes banques d\'investissement new-yorkaises.Un contrôle des risques «gravement défectueux»Pas pour longtemps. Prise au piège de la crise des subprimes (crédits hypothécaires américains à risque), UBS ne survivra à ses mauvais investissements que grâce aux 6 milliards de francs injectés dans ses caisses par la Confédération suisse, en 2008. Trois ans plus tard, c\'est encore sa division de banque d\'investissement qui portera préjudice à UBS, allant jusqu\'à coûter son poste au directeur général du groupe, Oswald Grübel: fin 2011, la communauté financière découvre que la banque suisse a, elle aussi, son «Jérôme Kerviel», en la personne de Kweku Adoboli. Mais si le trader a fauté, UBS aussi. Dans son communiqué publié lundi, la Finma dénonce une gestion du risque «présentant d\'importantes lacunes». La FSA est plus sévère encore, qui pointe du doigt un système de contrôle des risques «gravement défectueux».Profil bas dans la banque d\'investissementDes accusations que ne réfute pas UBS. La banque a annoncé lundi «accepter» les conclusions de la Finma et de la FSA, ainsi que l\'amende infligée par cette dernière. Maintenant décidée à faire profil bas dans la banque d\'investissement, au prix du licenciement de 15% de ses effectifs, UBS limitera les activités de cette dernière au courtage d\'actions, de devises, de métaux précieux, ainsi qu\'au conseil en fusions et acquisitions. Privilégiant ainsi ce qu\'elle sait faire de mieux, au fond, c\'est-à-dire la gestion de fortunes.

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