Sarkozy, Juppé : faux départs ?

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Une hésitation vite dépassée. On le retrouva rapidement ferme et aussi naturellement à sa place que dans sa période dorée. Au moment même où il créait l\'UMP, une machine bâtie pour gagner, qui allait plus tard porter à la Présidence de la République un autre que lui, Nicolas Sarkozy. Le voici donc face à une opportunité qui ne semblait plus devoir s\'ouvrir pour celui qui, lors de son dernier come back était revenu renforcer l\'architecture gouvernementale de la présidence Sarkozy. Comme pour nettoyer certaines bases négatives d\'un quinquennat en manque de poids politique dans l\'approche de l\'élection présidentielle de 2012. Comme pour, déjà, sauver ce qui pouvait l\'être. Et la défaite fut au rendez-vous de mai.Nettoyer le champ de batailleAujourd\'hui il revient sur scène pour tenter de tourner la page du psychodrame de sa famille politique. Nettoyer le champ de bataille, liquider ou presque les ambitions communes de Jean-François Copé et de François Fillon et peut-être même tenter d\'en finir avec sa malédiction. La tache, on comprend sa primo hésitation, semble complexe. De quoi s\'agit-il, sinon pour lui le Chiraquien, de sauver l\'UMP d\'une séparation entre la ligne de la Droite Forte inspirée par le conseiller de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, celle de la droite sociale et enfin celle du courant humaniste et libéral venu de l\'ex UDF. Trois tendances assez peu gaullistes et encore moins chiraquiennes qui révèlent les ambitions et rapports de force au sein de l\'UMP et plus largement préfigurent peut-être la recomposition des droites et des centres de notre pays.La partie n\'est pas totalement perdue pour JuppéMalgré ce premier échec dominical, la partie n\'est pas totalement perdue pour Alain Juppé. Au delà des bords extérieurs de l\'UMP, on ressent encore au bout d\'une semaine comme une incrédulité paralysante. Les autres droites et centres observent ce spectacle devenu un vrai feuilleton, quasi médusés. L\'UDI, Jean-Louis Borloo en tête, est demeurée relativement modeste durant la semaine, comme tétanisée par l\'opportunité imprévue et arrivant presque trop tôt dans le déroulement de son installation. Même Marine Le Pen et ses troupes n\'ont pas vraiment poussé l\'avantage d\'une posture opportuniste à peine affirmée en début de semaine en clamant notamment des gains massifs d\'adhérents dès le lundi matin mais très vite retombée au fur et à mesure des épisodes du feuilleton. La mission apparaît donc complexe juridiquement, la position de Jean-François Copé semble ferme, François Fillon porte plainte, mais pour le moins toujours ouverte politiquement, pour le Maire de Bordeaux.Hollande, grand vainqueurMais avant de savoir s\'il peut vraiment devenir le grand bénéficiaire politique surprise de cette séquence presque tragique s\'il le souhaite vraiment, il faut admettre que les grands vainqueurs de la semaine sont les membres du gouvernement de Jean-Marc Ayrault qui semblent tous avoir confortablement disparu des écrans et des ondes et François Hollande tranquillement installé hors champ, lui qui ferraillait pourtant autour de la tentative échouée d\'élaboration du budget européen. Seule une actualité criminelle, devenue hebdomadaire dans notre pays, obligea Manuel Valls à sortir de l\'ombre. Et pour faire de cette semaine un vrai grand spectacle, Nicolas Sarkozy lui même est venu, malgré lui, apporter sa part d\'audience aux malheurs de l\'UMP et confirmer qu\'Alain Juppé, indirectement cette fois, était la figure de la semaine, lui qui fut longuement entendu à Bordeaux par le juge de l\'affaire Betancourt. Et Nicolas Sarkozy échappa à la mise en examen. A suivre donc au prochain épisode !* Professeur associé à l\'Université de Paris 1 la SorbonneConseil en diplomatie publiqueMembre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals ________FIL ROUGE :>>> L\'UMP en crise>>> UMP : deux vainqueurs autoproclamé

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