Népotisme et inégalités nourrissent

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De l'Algérie au Yémen en passant par l'Égypte ou le Maroc, la révolution de Jasmin menace directement les régimes de la région ? Après la Tunisie, « la question n'est plus : à qui le tour, mais quel (régime) restera-t-il encore ? », affirme Amr Hamzawy, directeur de recherches de la fondation Carnegie au Moyen-Orient.Radhi Meddeb, président de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed), est plus nuancé. « La spécificité de la Tunisie, notamment le niveau d'éducation et l'émancipation des femmes, fait qu'il est difficile de parler de contagion ». Pour Ali Bouabid, délégué général de la Fondation Abderrahim Bouabid, « la Tunisie est devenue un laboratoire de l'émancipation dans la région ».L'Égypte connaît depuis mardi les protestations les plus importantes depuis l'arrivée au pouvoir en 1981 du président Hosni Moubarak, appelées à s'intensifier avec le retour jeudi soir de l'opposant Mohamed El Baradei (voir ci-contre). La fièvre a également gagné le Yémen où des milliers de personnes ont manifesté jeudi pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis trente-deux ans, alors que les Frères musulmans de Jordanie, principale force d'opposition, ont appelé à une nouvelle manifestation vendredi.Relancer les réformesDans les rues, de la Tunisie au Yémen, ce sont les jeunes générations qui manifestent pour le changement de régimes plus ou moins autocratiques, plus ou moins dynastiques comme en Égypte ou au Yémen. Des régimes gangrenés par le népotisme, la corruption et les inégalités, des obstacles majeurs à la croissance et au développement. En 2004, un rapport de la Banque mondiale soulignait par exemple que, « sans népotisme et corruption », l'économie tunisienne pourrait croître de 6 % à 7 % par an au lieu de 4 %.Le décollage économique de la région passe par l'amélioration d'une gouvernance politique et économique souvent sclérosée. Cette sclérose s'est accompagnée d'un enrichissement débridé des régimes en place. La fortune de Mohamed VI a été évaluée à 2,5 milliards de dollars par le magazine « Forbes » faisant du roi marocain le septième monarque le plus fortuné du monde.Pour Ali Bouabid, « la révolution tunisienne est le moyen de remettre en route les réformes au Maroc. Le pays est arrivé à la fin d'un cycle. Les réformes s'enlisent ». Pour Radhi Meddeb, la révolution tunisienne doit déboucher sur un véritable plan Marshall en Tunisie et pourquoi pas dans l'ensemble région.

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