L'équipe économique d'Obama fragilisée par la grogne du Congrès

Barack Obama prononçait mercredi soir son premier discours sur l'état de l'Union dans une atmosphère chauffée à blanc à Washington. Le président des États-Unis devait s'engager à soutenir la création d'emplois et proposer des exemptions fiscales aux entreprises pour un montant de 38 milliards de dollars. Il devait aussi demander aux membres du Congrès d'adopter au plus vite une ambitieuse réforme de la réglementation financière. En quête de rebond politique, le locataire de la Maison-Blanche pourrait être handicapé par les critiques qui pleuvent sur son équipe économique. Quelques heures avant l'allocution présidentielle, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a ainsi tenté de se défendre dans une controverse qui pourrait lui coûter son poste : la décision prise à la fin 2008 par la Réserve fédérale de New York, qu'il dirigeait alors, de ne pas dévoiler le fait que les contreparties de l'assureur AIG, sauvé de la faillite par le gouvernement, ont été intégralement remboursées au frais des contribuables, sans négociations.Hier, au Congrès, où des élus l'ont accusé d'entretenir des relations privilégiées avec Wall Street, Geithner a juré ne pas avoir été informé des précautions ayant entouré le remboursement de milliards de dollars de contrats de couverture contre le défaut obligataire (« CDS ») d'AIG. Car, après sa nomination au Trésor par Barack Obama, le 24 novembre 2008, il n'était plus chargé des relations de la Fed de New York « avec des institutions spécifiques ». Et Geithner d'avancer que les banques, dont Goldman Sachs et la Société Généralecute; Générale, ont été intégralement remboursées car les autorités craignaient que les marchés ne perdent confiance en AIG et acculent l'assureur à la faillite.reproches des élusAutre souci pour le président Obama, le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, dont le premier mandat expire à la fin de la semaine, fait face à une fronde sans précédent de la part des élus, qui lui reprochent de ne pas avoir prévenu la crise des crédits « subprimes ». Selon un décompte réalisé par Reuters, 47 sénateurs sur 100 voteront, peut-être dès ce jeudi, en faveur de sa reconduction, 19 ayant promis de s'y opposer. Bien que Wall Street table sur sa reconduction, des responsables économiques craignent pour l'indépendance de la Fed. Le président de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, a prévenu qu'il voterait en faveur de Bernanke, mais que son « soutien ne serait pas inconditionnel ». « Bernanke doit redoubler d'efforts pour s'assurer que les ménages aient accès au crédit », a déclaré Reid. Ce genre de propos révolte Richard Fisher, le président de la Réserve fédérale de Dallas, qui dénonce dans le « Wall Street Journal » le risque de « politisation de la banque centrale de la première économie mondiale ». Ben Bernanke peut cependant compter sur un soutien de poids, de la part de Jean-Claude Trichet : le président de la BCE a appelé mercredi à sa reconduction à la tête de la Fed. ?

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