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« Le ?made in Italy? est une valeur intrinsèque de Gucci »

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Publié le 03 mars 2011 à 16:35 - Mis à jour le 03 mars 2011 à 16:35

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STRONG>En sept ans, Gucci Group a multiplié par deux son chiffre d'affaires et par trois son résultat à périmètre constant. Que pèse votre marque aujourd'hui ?Elle est la deuxième plus grande marque de luxe au monde après Louis Vuitton. Gucci a réalisé 2,66 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2010 (+ 17,7 %), avec un résultat opérationnel de 765 millions d'euros (+ 23,8 %). Nous avons deux licences : l'une avec Safilo pour les lunettes; l'autre avec Procter & Gamble pour les parfums, avec qui nous venons de signer pour la création d'une ligne de maquillage et de produits de soin. Si on additionne l'ensemble de ces licences à notre activité en propre, la marque se situe autour de 5 milliards d'euros.Depuis peu, vos campagnes de publicité mettent en avant le savoir-faire des artisans de Gucci. La pub « glamour », cela ne marche plus ?Gucci n'est pas qu'une marque « fashionable », sa légitimité est ancrée dans l'histoire. Gucci est glamour et chic, mais elle est aussi le symbole de l'excellence du « made in Italy ». Depuis plusieurs générations, à Florence, les artisans oeuvrent à créer de la maroquinerie de très haute qualité. Lorsque l'on découvre Gucci lors d'un défilé, on ne peut percevoir à quel point le travail de la main des artisans est exceptionnel, ce n'est qu'en showroom ou en boutique que l'on peut véritablement l'apprécier. Qu'il s'agisse d'un sac en crocodile ou d'une besace en toile, le souci du détail est identique. Gucci supporte la comparaison. Une pièce de toile Monogram Louis Vuitton coûte 11 euros le mètre, notre cuir revient à 50 euros le pied (0,305 mètre). Nombre de nos concurrents vendent des sacs à des prix qui n'ont aucun lien avec la réalité. Ils capitalisent sur un mythe, la qualité n'est pas toujours à la hauteur. Quand vous achetez un sac Hermès, ce n'est pas un sac que vous achetez mais une part du mythe.La nomination en 2006 de Frida Giannini à la direction artistique de l'ensemble de la griffe nous a permis de commencer à revisiter les icônes de la marque pour mieux les réinterpréter mais aussi les moderniser. Ce travail n'était pas encore totalement perceptible par le grand public. Nous nous employons à le faire aujourd'hui. À Paris, nous venons de réaménager la boutique à l'angle de la rue du Faubourg-Saint-Honoré et de la rue Royale, pour la rendre plus accessible, plus flexible, offrir plus, faciliter la circulation de la clientèle et créer une atmosphère naturelle avec l'ouverture des fenêtres sur l'extérieur pour faire entrer la lumière naturelle. En France, nous ne sommes présents qu'à Paris, nous réfléchissons à ouvrir d'autres points de vente en province. En Europe, nous voulons augmenter la taille de nos magasins pour renforcer notre présence. Pensez-vous que la concentration dans le luxe est inéluctable, à l'exemple de l'offensive de Bernard Arnault sur Hermès ?Dans le luxe, il n'y a véritablement que deux groupes leaders, LVMH et PPR. Peu de sociétés demeurent aujourd'hui indépendantes, la concentration des marques est réelle. Mais, en ce qui concerne Hermès et LVMH, je me garderais bien de tous commentaires, c'est une affaire strictement française.Gucci réalise 36 % de son activité en Asie et 12 % au Japon, quels sont vos objectifs à terme sur ces marchés ?Le Japon a longtemps été le premier marché pour l'industrie du luxe. Désormais, c'est un pays qui vieillit. La crise économique a touché de plein fouet la clientèle du luxe. Le Japon est à mes yeux essentiel, car sa clientèle est experte. Les Japonais connaissent mieux que quiconque les produits, ils représentent l'avant-garde des consommateurs en Asie. De plus en plus de Chinois viennent au Japon faire leur shopping, et cela va aller en s'accentuant. Pour gagner des parts de marché, il faut en prendre à nos concurrents.En Chine, le marché grossit naturellement, il est en plein boom. La plupart des nouveaux milliardaires chinois ont moins de 40 ans, ils possèdent un très haut niveau d'éducation qu'ils ont acquis dans des universités à l'étranger, ils voyagent beaucoup. Nous avons accéléré notre politique d'ouvertures de magasins sur place. En 2004, nous n'en possédions que 6, à fin 2010, nous sommes à 39. Les Chinois possèdent plus de téléphones portables que les Américains et 450 millions d'entre eux sont connectés à Internet. L'e-commerce en Chine est notre priorité pour l'année à venir, son potentiel est considérable.Peut-on imaginer qu'un jour Gucci produise en Chine ?Le « made in Italy » est une valeur intrinsèque de la marque. En fabriquant en Italie, nous contrôlons 100 % de la chaîne de fabrication. Les consommateurs seront dans l'avenir de plus en plus attentifs à ce que les produits qu'ils achètent soient fabriqués par des entreprises socialement responsables, respectueuses de l'environnement. Cet engagement social est une des forces de Gucci, comme du groupe PPR en général. Ça crée une vraie différence vis-à-vis de nos concurrents.Fin 2010, la maroquinerie représentait 57 % de l'activité de la marque, le prêt-à-porter et les chaussures 13 % chacun, les lunettes, les montres et la joaillerie 17 %. Qu'allez-vous soutenir en priorité à l'avenir ?Nous voulons investir sur l'ensemble de nos activités. Dans le domaine du cuir, avec le développement d'une clientèle de plus en plus sophistiquée dans le monde entier, nous pouvons poursuivre une politique de création très haut de gamme, qui valorise les peaux précieuses. Pour les sacs comme pour le prêt-à-porter masculin, nous renforcerons les services de sur-mesure. Nous avons aussi lancé de nouvelles activités comme l'enfant qui rencontre un très grand succès. Nous allons travailler au redéploiement des lignes cadeaux qui avaient été délaissées. De même, les foulards en soie et les écharpes, qui pourtant font partie intégrante de l'ADN maison - comme de celui d'Hermès -, avaient été totalement abandonnés dans les années 1990 parce qu'ils appartenaient, pensait-on, au passé. En un an, nous avons multiplié par trois les ventes.Quelle sera votre politique sur Internet ?Avec 3,2 millions de fans sur Facebook, 1 million de téléchargements de l'application Gucci sur l'iTunes Store, 2,5 millions de visiteurs uniques par mois sur le site, Gucci est un des pionniers sur Internet. À chacun de nos défilés, nous invitons des VIP du monde entier, mais nous transmettons aussi en direct sur le Net, 30.000 personnes s'y connectent en moyenne. Le potentiel est considérable. Nous n'avons aucune raison de nous arrêter.Propos recueillis par Isabelle Lefort

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