De Fukushima à Areva

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Six cents personnes, c'est peu ! Et plus encore dans un pays de 125 millions d'habitants ! Pourtant, dans un Japon où le groupe prime sur l'individu, où la population fait preuve d'une admirable pudeur dans l'adversité, où le conformisme est une règle de conduite, que Tokyo et Nagoya aient été dimanche le théâtre de deux manifestations réclamant l'abandon du nucléaire est un signe. Quand viendra l'heure du bilan de la catastrophe de Fukushima, le lobby pronucléaire nippon, nourri des liens étroits entre compagnies d'électricité et METI, le ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie, sera contraint de rendre des comptes. Et il ne sera, sans doute, pas le seul. La France, qui partage dans le nucléaire beaucoup de traits avec le Japon, et notamment l'endogamie des dirigeants de la filière, des autorités de sûreté et de l'État, n'évitera pas le débat. Le nucléaire hexagonal, quoi qu'il lui en coûte, ne pourra pas continuer comme avant. On peut comprendre que le conseil de surveillance d'Areva approuve lundi son projet boursier, puisqu'il s'agit en réalité de la conversion de certificats d'investissement en actions pour satisfaire un engagement pris à l'égard du fonds souverain du Koweït KIA, cet hiver, lorsque celui-ci a accepté de financer le constructeur tricolore de centrales. Si ce n'était pas le cas, Paris serait contraint de racheter la participation du fonds koweïtien au prix fort. Une perspective difficile pour le budget de l'État. Mais ce projet, alors que les nouvelles de Fukushima sont toujours alarmantes, accrédite un peu plus le sentiment que les acteurs français du nucléaire ont choisi, depuis le début de la catastrophe, de camper sur leurs certitudes techniques et industrielles. Les Français, dans leur grande majorité, ne sont pas hostiles au nucléaire. Il ne faudrait pas que le refus de toute remise en cause ne les fasse changer d'avis. pagay@latribune.f

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