Coup de gueule du patron de Renault Trucks Défense

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Ça tangue sérieusement au Gicat, le Groupement des industries françaises de défense terrestre. Et plus précisément entre le président du Gicat, Christian Mons, et le groupe Renault Trucks Défense, qui a claqué mi-avril la porte de cette organisation regroupant 213 sociétés pour un chiffre d'affaires de 5,2 milliards. Dans une lettre très virulente adressée à Christian Mons et à l'ensemble du conseil d'administration du Gicat, dont « La Tribune » s'est procurée une copie, le PDG de Renault Trucks Défense (RTD), Stefano Chmielewski, explique les raisons de ce coup de gueule. Celui-ci résulte de l'audition du 9 mars dernier de Christian Mons en tant que président du Gicat par la commission de la Défense à l'Assemblée nationale. Le PDG de RTD lui reproche notamment de « confondre » son « rôle de président du Gicat et celui de directeur général de Panhard ». « Tout au long de l'audition, écrit-il, toutes les affirmations à l'emporte-pièce relatives, par exemple, à la présence commerciale des industries de défense sur les différents marchés ?privilégiés? ou pas, aux offsets et aux regroupements possibles en France, sont manifestement l'expression du directeur général de Panhard et uniquement celle-là. » Stefano Chmielewski ne décolère pas tout au long de ce courrier : « Vos affirmations sur le manque de capacité d'investissement, par exemple, sont gratuites et infondées et ne concernent certainement que votre société. » Oubli volontaireEnfin, et surtout, le PDG de RTD ne digère pas les propos de Christian Mons concernant un contrat important perdu en France par sa société face à l'italien Iveco, qui a remporté un appel d'offres de 2.500 camions (Porteur polyvalent terrestre ou PPT) lancé par la Direction générale de l'armement (DGA). « Entre Iveco qui est aussi un grand opérateur en France, et Volvo, qui détient environ 80 % des actions de RTD (sachant que les moteurs de cette société auraient été fabriqués par Volvo à l'étranger), le choix était évident », avait déclaré devant les députés le président du Gicat qui termine son mandat en juin.Contacté par « La Tribune », Christian Mons n'a pas souhaité faire de commentaires. La coupe était pleine pour RTD et son PDG : « Au regard de vos affirmations concernant le cas PPT et l'oubli volontaire ou pire la négation du caractère français de l'entreprise Renault Trucks, il ne me reste qu'à vous conseiller de changer l'appellation du Groupement des industries françaises de défense terrestre en supprimant le mot ?française? puisque vous l'ignorez volontairement lorsque cela vous arrange en tant que directeur général de la société Panhard ». Michel Cabirol

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