Areva : la succession d'Anne Lauvergeon reste ouverte

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Jean-Cyril Spinetta a été réélu mercredi à la tête du conseil de surveillance d'Areva. Ce renouvellement attendu (« La Tribune » du 28 mars) est interprété par certains comme un signe annonciateur de la reconduction d'Anne Lauvergeon, dont le deuxième mandat expire le 29 juin. Le président du conseil d'administration du groupe Air France-KLM compte en effet parmi les soutiens actifs de la patronne exécutive du groupe nucléaire. « S'il n'avait pas reçu des assurances dans ce sens, il ne se serait pas représenté », spécule un syndicaliste du groupe. « Si le gouvernement veut changer la présidente du directoire, maintenir Spinetta, c'est assurer une certaine continuité », commente de son côté un fin connaisseur du dossier. La seule certitude sur ce dossier, c'est que la question reste très ouverte, malgré les vives rumeurs. « Rien n'est arrêté. Nicolas Sarkozy se penchera sur la question à partir de la fin mai et il décidera seul », affirme un de ses proches. Autre éclairageFin mars, le bruit avait circulé que la catastrophe de Fukushima avait relancé, à l'Élysée, les chances d'Anne Lauvergeon de se succéder à elle-même, quitte à la doter d'un numéro 2 « Proglio-compatible » pour aplanir les relations avec EDF. Dominique Lagarde, ex-directeur de cabinet de l'ex-patron d'EDF Pierre Gadonneix, envoyé en poste en Chine par Henri Proglio, était cité. Le 30 mars, la visite éclair au Japon de Nicolas Sarkozy, précédé 24 heures auparavant par Anne Lauvergeon, donnait un autre éclairage. « Lorsque l'Élysée a voulu appeler la patronne d'Areva pour la convier au déplacement, elle était déjà dans l'avion », raconte un membre du gouvernement. Excédé, Nicolas Sarkozy aurait refusé catégoriquement la présence d'« Atomic Anne » à ses côtés pendant toute sa visite, y compris lors de la réception à l'ambassade de France à Tokyo. « Fukushima a en effet changé la donne en sonnant la fin du nucléaire flamboyant incarné par Anne Lauvergon », juge un de ses détracteurs. « Les perspectives très assombries du nucléaire modifient radicalement le job. Certains candidats pressentis réfléchissent », assure de son côté ce proche du dossier. L'hostilité de longue date de Nicolas Sarkozy à l'encontre d'Anne Lauvergeon l'emportera-t-il sur le risque de déstabiliser encore davantage Areva ? « Il serait surtout nécessaire de juger le bilan industriel, désastreux », lance un candidat. En attendant le verdict, soumis aux aléas politiques, « la présidente est la seule, avec plus de dix ans d'expérience, à avoir l'ensemble des connaissances requises pour assumer la responsabilité du groupe », écrivent, anonymement, des personnels d'Areva.

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