Valse-hésitation de Nicolas Sarkozy sur la Hadopi à un an des présidentielles

 |   |  560  mots
Nicolas Sarkozy a tenu mercredi à l'Élysée son premier discours depuis le début de son quinquennat sur le numérique en installant le Conseil national pour le numérique (CNN). Une occasion avait été manquée en octobre 2008 au moment du lancement du Plan numérique 2012 d'Éric Besson, à l'époque secrétaire d'État au Numérique. Dans les heures les plus chaudes de la crise financière et bancaire, le président de la République avait dû se décommander au dernier moment. Presque trois ans plus tard, alors que l'échéance présidentielle se rapproche, Nicolas Sarkozy reprend la main. Répondant aux critiques sur ses velléités en termes de régulation, incarnée par l'expression « Internet civilisé », le président de la République a martelé qu'il n'était pas question de « construire des lignes Maginot contre les usages des internautes. Ce serait moralement inacceptable et ça n'aurait pas de sens ». Et de se livrer à une auto-critique en règle contre la loi anti-piratage Hadopi, très mal accueillie par le monde du numérique. Déploiement à grande échelle« Est-ce qu'on aurait pu faire mieux que la Hadopi ? Oui », a admis Sarkozy évoquant la « maladresse », et l'insuffisante communication avec le secteur. « Je suis prêt à une Hadopi 3 ou à une Hadopi 4, qui marquerait la fin d'Hadopi car on aurait trouvé un moyen de rétribuer les créateurs ». Mais devant la traînée de poudre provoquée dans l'après-midi par ces propos, l'Élysée a publié un communiqué en fin de journée dans lequel le chef de l'État « tient à réaffirmer son plein et entier soutien à la Hadopi et souhaite que l'action de cette autorité indépendante puisse poursuivre son déploiement sur une grande échelle ». Plus classiquement, le président de la République a rappelé lors de la création du CNN qui compte 18 membres (dirigeants et professionnels du secteur), que le numérique c'est « 3,5 % du produit intérieur brut, plus que des secteurs clefs comme l'énergie ou les transports ». Cette initiative s'inscrit en amont du G8 de Deauville (26 et 27 mai) dont une partie sera consacrée à Internet. « Vous n'imaginez pas ce qu'il a fallu comme force de conviction. Il y a ceux qui pensaient que l'objectif était de réguler, et ceux qui considéraient que ce n'était pas prioritaire », a assuré le président de la République, qui a expliqué « qu'aux États-Unis, ils regardent de près ce que l'on est en train de faire ». Ainsi, Nicolas Sarkozy espère-t-il que d'autres pays s'inspirent de l'expérience française et créent leur propre CNN. « Cela n'aurait aucun sens s'il restait confiné au seul territoire national », a expliqué Nicolas Sarkozy, qui appelle de ses voeux « un CNN des CNN ». Le président a défendu la légitimité de l'État à ne pas « laisser faire ». Le président a pris comme exemple la « fiscalité numérique », visant les géants du Net américains (Google, Apple, Facebook..) qui défiscalisent leurs activités françaises dans des territoires européens comme le Luxembourg ou l'Irlande. « Entre aucune fiscalité et une fiscalité qui empêcherait d'innover, n'y a-t-il pas quelque chose à trouver ? », s'est interrogé le chef de l'État, qui a admis que cette question nécessité « une logique internationale ».

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :