Banques européennes cherchent « cash » désespérément

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Infographie2 cols x 100 mmLes banques européennes ont de plus en plus de mal à se refinancer sur le marché interbancaire. Selon des rumeurs relayées par le « Wall Street Journal » mercredi, la banque BBVA, considérée avec Santander comme une des banques espagnoles les plus solides, tente en vain de refinancer une ligne de « commercial paper » (de la dette à très court terme) d'un milliard de dollars depuis un mois. En cause : la défiance persistante à l'égard des émetteurs souverains de la zone euro. Ces dernières semaines, celle-ci a entraîné une demande accrue de liquidité en dollar sur le marché monétaire. Mais aussi, ironiquement, dans un deuxième temps une demande accrue de liquidité en euro, les opérateurs de marché en ayant besoin pour les convertir (par des swaps de changes) en dollar. Outre la remontée des taux de référence du marché interbancaire, l'importance des sommes déposées auprès de la banque centrale européenne témoigne, elle aussi, de la méfiance des banques les unes envers les autres et de la priorité donnée à la recherche de sécurité. Ces sommes, qui atteignaient mercredi 294,5 milliards d'euros, sont faiblement rémunérées, à 0,25 %, alors que les banques les empruntent à 1 %. Cependant, si la tension sur les marchés interbancaires est indéniable, les stratèges de marché relativisent les conséquences de ces dysfonctionnements pour les banques européennes. « En l'absence de pressions inflationnistes, les banques centrales semblent déterminées à agir vite et fortement pour contrer tout problème de liquidité. Les leçons des années 30 ont été apprises, tout comme celles de l'épisode Lehman », indiquaient les stratégistes de marché de Natixis dans une note ce jeudi. Autrement dit, on est encore loin d'un scénario catastrophe à la Lehman. Prenant acte de la gravité de la situation, la banque centrale européenne (BCE) a par exemple recommencé à alimenter les banques en dollar depuis la semaine dernière (les dernières opérations de ce type remontaient au début de l'année). « Cette semaine, la BCE a alloué 5,4 milliards de dollars pour une semaine à trois banques. Emprunter auprès de la BCE coûte cher, mais les banques qui ont de gros besoins en dollars ont ainsi la garantie de les couvrir sans passer par le marché », explique Patrick Jacq, spécialiste du marché monétaire chez BNP Paribas. Autrement dit, elles peuvent ainsi rester discrète sur l'importance de leurs besoins de cash.De plus la situation des marchés interbancaire semblait se stabiliser ces deux derniers jours. La Chine avait déjà réagi à l'article du « Financial Times », selon lequel l'Administration d'Etat des changes (SAFE) s'interrogeait sur son exposition à la dette souveraine des pays de la zone euro. rumeurs et méfianceLe plus important fonds souverain chinois, China Investment Corp (CIC), a, lui, réaffirmé qu'il ne réduirait pas ses investissements en Europe, suivi par le Koweit, qui a assuré que le fonds souverain Kuwait Investment Authority (KIA) ne réduirait pas son exposition à l'Europe contrairement à des informations publiées par un journal local. Reste à savoir si cette stabilisation est durable. « Il ne faudrait pas qu'à partir des rumeurs sur BBVA, la méfiance s'étende à Santander puis aux banques européennes les plus solides qui parviennent encore à se financer sur le marché interbancaire », s'inquiète un opérateur de marché. n« Emprunter auprès de la BCE coûte cher, mais les banques qui ont de gros besoins en dollars ont ainsi la garantie de les couvrir. »

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