Les dépenses de soins non remboursées dans le collimateur

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Combien cela coûte-t-il vraiment de se faire soigner ? Tous les patients ont-ils la possibilité d\'échapper aux dépassements d\'honoraires ? C\'est pour répondre à ce type d\'interrogations qu\'un Observatoire indépendant des pouvoirs publics vient d\'être lancé ce lundi 27 mai. \"Cela manquait. Il n\'y a pas de suivi permanent de l\'ensemble des \"restes à charge\", a expliqué la présidente du Collectif inter associatif sur la santé (CISS), Claude Rambaud, citée dans le Monde datée du 28 mai. En association avec le magazine 60 millions de consommateurs et la société spécialiste du risque santé Santéclair, le CISS entend évaluer de façon indépendante le coût des soins, hors montants remboursés par la Sécurité sociale.Accès aux chiffres de l\'Assurance maladieCela inclut les dépassements d\'honoraires, mais également les franchises et autres forfaits. L\'Observatoire a accès à la base de données de l\'Assurance maladie par l\'intermédiaire du CISS, ce qui devrait lui permettre d\'avancer des chiffres fiables.Pour marquer son lancement, il publie ce 27 mai un premier panorama département par département. Il constate ainsi que tous les patients ne bénéficient pas d\'un accès égal aux soins. Pour consulter un gynécologue par exemple, il peut s\'avérer difficile de trouver un praticien libéral en secteur 1 (tarif Sécu). En effet, 85% des gynécologues de Paris, des Yvelines et du Rhône sont en honoraires libres. Une consultation dans un cabinet parisien coûte en moyenne 65 euros de plus que le tarif Sécu, contre 30 euros supplémentaires en Corrèze. En moyenne, toutes spécialités confondues, le dépassement d\'honoraire s\'élève à 37,37 euros à Paris, contre 15,90 euros sur l\'ensemble de la France. Les chirurgiens, les gynécologues obstétriciens et les ophtalmologistes s\'avèrent particulièrement concernés. Et la tendance globale apparait assez nette : les dépassements d\'honoraires ont augmenté de 9% en deux ans, atteignant 2,1 milliards d\'euros l\'an dernier, d\'après l\'organisme créé ce lundi. \"Un tribunal inquisitorial\"?La création de cet Observatoire indépendant des pouvoirs publics ne fait pas l\'unanimité. Son lancement a même déclenché l\'ire de la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF), premier syndicat médical français. Dans un communiqué de presse diffusé lundi, elle \"dénonce un tribunal inquisitorial dans lequel sont amalgamés les restes à charges liés aux forfaits journaliers, franchises et déremboursements décidés par les gouvernements successifs et les compléments d\'honoraires\". Elle conteste l\'association des complémentaires santé de Santéclair (prestataire de services accompagnant les complémentaires santé) avec le CISS, qui a ainsi accès par son intermédiaire aux données de l\'Assurance maladie, en principe inaccessibles aux complémentaires.Et ce n\'est pas fini. Un autre observatoire est en cours de création dans le même domaine qui doit regrouper l\'Assurance maladie, l\'Union nationale des organismes d\'assurance maladie complémentaire (UNOCAM), les syndicats médicaux représentatifs et  des représentants de patients. Son instauration est programmée depuis un accord passé au mois d\'octobre. Depuis, cette observatoire national est (toujours) en cours de création. En principe, il est prévu que le CISS fasse partie à la fois du premier et du second observatoire. Celui national - prévu en octobre - devrait \"regarder plutôt la rémunération des médecins\", alors que l\'observatoire \"citoyen\" \"va regarder plutôt l\'accès aux soins\" selon la présidente du CISS. Mais la CSMF ne manque pas de souligner cette participation aux deux organismes et incite le Collectif inter-associatif à choisir entre l\'un ou l\'autre.avec AFP

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