Richemont évolue dans un univers compliqué par la crise

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Malgré un plan de rachat de 10 millions d'actions, Richemont n'a pas convaincu les investisseurs. Lors de son exercice 2008-2009, pourtant déjà marqué par la crise, le propriétaire de Cartier, Van Cleef ou Montblanc, avait maintenu son chiffre d'affaires. Cette fois, les ventes baissent de 4 %, à 5,18 milliards d'euros, pénalisées par un premier semestre en recul de 15 %. Plus grave, la marge opérationnelle passe de 17,9 % à 16 %, en raison surtout de la baisse des volumes vendus. Malgré les déclarations rassurantes du PDG Norbert Platt et une apparente reprise des ventes de 24 % en avril (attention, il s'agit pour une grande part de ventes aux distributeur, qui refont leurs stocks, plutôt qu'au consommateur final), tous constatent que le groupe évolue dans un univers de plus en plus complexe. La crise a modifié les équilibres géographiques. L'Asie-Pacifique, dont les ventes augmentent de 17 %, voit son poids passer de 27  % à 34 % du total, tandis que l'Europe et la zone Amérique, qui reculent de 11 % et 20 %, passent de 44 % à 40 % et de 16 % à 14 %. Les différentes « maisons » du groupe connaissent aussi des résultats de plus en plus inégaux. Certaines, comme Piaget ou Vacheron Constantin s'en sortent plutôt bien. D'autres comme Baume & Mercier, Lange & Söhne ou Dunhill sont en grandes difficultés. A l'intérieur de chacune, les choses se compliquent aussi. Montblanc vend bien aux Asiatiques mais presque plus aux Américains. Cartier écoule ses nouvelles lignes, telles que Ballon Bleu, comme des petits pains mais au détriment des lignes classiques. « Avant la crise, elle pouvait comme toutes les autres grandes marques, imposer aux distributeurs 80 % de lignes classiques avec 20 % de nouveautés. Aujourd'hui, les détaillants n'acceptent que ces dernières », note un spécialiste. Comme la volatilité des monnaies pénalise la production suisse, le groupe manoeuvre difficilement. Pourtant, le gros de la crise semble passé et le nouveau patron opérationnel, Richard Lepeu, annonce une augmentation des ouvertures de boutiques et des investissements publicitaires pour l'année à venir. Sophie Lécluse

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