La marée noire a été sous-estimée par BP

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cite>BP semblait avoir remporté un premier succès jeudi dans sa délicate tentative de colmatage du puits de pétrole endommagé, responsable de la marée noire qui pollue le golfe du Mexique depuis le 22 avril. Selon les garde-côtes chargés de surveiller la zone, la fuite de pétrole a été interrompue. Mais tant le géant pétrolier britannique que les autorités américaines se refusaient à crier victoire, le puits de brut, situé à 1.600 mètres de profondeur, n'étant pas encore scellé. Si ce succès est confirmé, BP n'en sera pas quitte pour autant. Outre le nettoyage des zones polluées, le pétrolier devra répondre aux rafales de critiques qui se sont abattues sur lui ces derniers jours. A cause de ses pratiques en matière de sécurité, de sa lenteur à réagir à différents signaux d'alerte sur la plate-forme durant les heures précédant la catastrophe, ou bien de la sous-évaluation manifeste des quantités de pétrole s'échappant du puits. moratoire prolongéDepuis l'accident, BP chiffre en effet cette fuite à 5.000 barils par jour (environ 800 tonnes par jour). Mais les experts chargés par le gouvernement d'estimer l'ampleur de cette pollution sont arrivés à des évaluations très nettement supérieures, comprises entre 12.000 et 25.000 barils par jour, a indiqué jeudi Marcia McNutt, la directrice de l'Institut géologique américain chargée de piloter ces équipes de scientifiques. Avec ces estimations, la marée noire générée par l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon devient la plus importante jamais enregistrée aux Etats-Unis, surpassant celle provoquée en 1989 par l'accident du pétrolier « Exxon Waldez » en Alaska qui avait rejeté à la mer quelque 260.000 barils de brut. A titre de comparaison, l'« Erika », qui avait coulé au large de la Bretagne en décembre 1999, transportait 228.000 barils de pétrole. Et l'« Amoco Cadiz », en 1978, plus de 1,6 million de barils (220.000 tonnes).Outre BP, qui devra indemniser les victimes et répondre de ses négligences, c'est tout le secteur pétrolier et parapétrolier qui risque de se retrouver pénalisé par cette catastrophe. Barack Obama, qui est attendu ce vendredi en Louisiane, devait en effet annoncer jeudi soir, lors d'une conférence de presse, qu'il prolonge pour six mois le moratoire sur les nouveaux permis d'exploration offshore en eau profonde. Le temps qu'une commission indépendante fasse la lumière sur les causes de la marée noire du golfe du Mexique. Le président américain devait aussi annuler plusieurs projets de forage au large de l'Alaska, menés par Shell notamment, ainsi que la mise sur le marché d'une concession pétrolière et gazière au large des côtes de Virginie.

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