Retraites : une journée en demi-teinte pour les syndicats

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L'honneur est sauf. Jeudi, pour leur première grande mobilisation contre la réforme des retraites, les six organisations syndicales (CGT, CFDT, Solidaires, Unsa, CFTC, FSU) sont parvenues à attirer un million de manifestants dans les rues. Et atteint l'un de leurs objectifs : faire mieux que lors de la dernière journée d'action, le 23 mars, où la CGT avait comptabilisé 800.000 manifestants. « C'est la journée de mobilisation la plus importante depuis le début de l'année. Le gouvernement doit changer sa méthode et sa copie et nous proposer une autre méthode », indiquait François Chérèque, le leader de la CFDT, au début du défilé parisien. « On est déjà à + 20 % par rapport aux manifestations du 23 mars », renchérissait Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT. satisfactionEn dépit de la satisfaction affichée par les leaders syndicaux, l'ampleur des manifestations de ce jeudi était pourtant très inférieure à celles du début de l'année 2009. Et ne permet pas aux organisations syndicales d'instaurer un vrai rapport de force avec l'exécutif. Le 29 janvier, puis le 19 mars, entre 2,5 et 3 millions de personnes étaient descendues dans la rue pour exiger du gouvernement des mesures sociales contre la crise. Jeudi, la mobilisation était en outre très disparate d'une ville à l'autre. Ainsi, à Paris, la CGT a comptabilisé 90.000 manifestants, soit une hausse par rapport au 23 mars (60.000), quand la police n'en dénombrait que 22.000, contre 31.000 il y a deux mois. En revanche, les cortèges ont été plus fournis à Marseille, avec des estimations oscillant entre 12.000 selon la police et 80.000 selon les syndicats. Mais aussi à Lyon (entre 8.000 et 15.000), Nantes (9.000 à 25.000) ou Grenoble (6.000 à 25.000). Enfin, les appels aux arrêts de travail dans la fonction publique n'ont été que très modestement suivis, alors même qu'ils étaient souvent unitaires. Ainsi, selon l'exécutif, le taux de grévistes n'était en fin de journée que de 13,8 % dans la fonction publique d'Etat, contre 18,9 % le 23 mars. Dans l'éducation, le taux était de 13,8 %, contre 20,4 % le 23 mars. A la SNCF, la direction a décompté 23,2 % de grévistes, la CGT-cheminots 28 %. En déminant très largement le dossier des retraites des fonctionnaires (lire ci-dessous), en affirmant que les régimes spéciaux propres aux grandes entreprises publiques ne seraient pas concernés dans l'immédiat par la réforme, le gouvernement a sans aucun doute limité la mobilisation dans la sphère publique, base traditionnelle des cortèges. Après ce résultat en demi-teinte, les organisations syndicales vont devoir très vite définir leur stratégie pour la suite. Elles se retrouvent lundi 31 mai en intersyndicale pour tirer le bilan de la journée de jeudi. Mais elles sont contraintes par le calendrier, la tenue du congrès de la CFDT du 7 au 11 juin rendant impossible une nouvelle journée d'action avant que le gouvernement ne dévoile son projet aux partenaires sociaux aux alentours du 20 juin. « Il y aura certainement une autre étape. On décidera avec l'intersyndicale si elle doit avoir lieu fin juin ou début septembre ou les deux », précisait, jeudi, François Chérèque. Mais, après la journée mitigée d'hier, la montée en puissance de la mobilisation pourrait s'avérer délicate.

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