Les exportateurs japonais inquiets à cause de l'Europe

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La machine à exporter japonaise repart de plus belle. En avril, les exportations ont progressé de 40,4 % par rapport à l'an dernier, a annoncé jeudi le ministère des Finances. Le bond a été sensible tant vers les États-Unis (+ 34,5 %) que vers l'Asie (+ 45,3 %) et même l'Europe (+ 19,8 %). La crise grecque et ses retombées sur l'activité sur le Vieux continent (où terminent 11 % des exportations japonaises) n'ont visiblement pas encore affecté l'Archipel. Cela ne saurait tarder, estiment les économistes. « Une telle hausse des exportations vers l'Europe n'est pas soutenable. Nous estimons que la progression des exportations sur le trimestre avril-juin sera inférieure à 10 % » estime Hiromichi Shirakawa, de Crédit Suisse. Outre les problèmes internes à l'Europe, le Japon doit composer avec un yen fort. À Tokyo, les importateurs de produits européens en revanche se réjouissent tous d'un euro retombé aux alentours de 110  yens. bon positionnement industrielLa destination des exportations japonaises a considérablement changé. Il y a 20 ans, la moitié de ce que le Japon exportait terminait dans un pays du G7. Aujourd'hui ce ratio est tombé à 23,8 %, remarque Yongsuk Han, de MUFG. Le groupe des BRICs (Brésil, Russie, Inde et Chine) et celui des NEI (Hong Kong, Corée du Sud, Singapour et Taiwan) reçoivent chacun 22 % des exportations nippones. Le Japon est, avec l'Allemagne, l'un des pays qui semble le plus bénéficier de la croissance des anciens pays pauvres. Grâce à son positionnement industriel sur des niches où il est le seul acteur crédible (fibre de carbone, films pour écrans plats...), il continue de produire les composants indispensables qui font tourner les machines de marques sud-coréennes ou chinoises. Yongsuk Han remarque que les pays en développement absorbent de plus en plus de produits finis japonais. « C'est une fois encore une reprise par les exportations pour le Japon. Mais cette fois, elle se repose sur des économies naissantes, qui ont été les premières à se remettre de la crise », conclut-il. Régis Arnaud, à Tokyo

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