La livre sterling laisse le billet vert sur place

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S'il est une monnaie qui se singularise dans l'atmosphère cotonneuse de l'été, accentuée par la fin du suspense sur les tests de résistance des banques de la zone euro, c'est la livre sterling. Une nouvelle fois, elle réserve une des surprises dont elle a le secret. Pour la première fois depuis cinq mois, la monnaie de Sa Majesté s'est hissée mardi au-dessus du seuil de 1,55 dollar, pour monter jusqu'à 1,5575. Elle s'est même permis un modeste raffermissement, jusqu'à 0,8370, face à un euro qui flirtait à nouveau avec le cap de 1,30 dollar. La livre affiche ainsi une reprise de 11 % face au billet vert par rapport à son point bas de l'année touché à la mi-mai. Qu'est-ce qui peut bien faire courir les acheteurs, qui dans un passé pas si lointain, se méfiaient du sterling comme de la peste ? D'abord, ils ont été impressionnés par le très volontariste budget de rigueur présenté fin juin par le nouveau chancelier de l'Échiquier, George Osborne. La vertu budgétaire affichée a levé la menace de dégradation de la note souveraine d'Albion agitée récemment par les agences d'évaluation financière qu'un retrait de son prestigieux triple A démangeaient, et fait revenir les investisseurs vers la livre. La divine surprise du PIB britannique vendredi dernier a émoustillé les taureaux - les haussiers - qui ont alors amplifié leurs achats. Le Royaume-Uni est le premier des grands pays à rendre public son taux du croissance du trimestre écoulé, le deuxième en l'occurrence. Et il est ressorti en hausse deux fois plus forte qu'anticipé par le consensus des économistes, à 1,1 % entre avril et juin par rapport aux trois mois précédents, contre 0,3 % au premier trimestre. Cette croissance retrouvée - la plus forte depuis début 2006 -, même s'il est probable qu'elle s'assagisse dans la seconde partie de l'année, a toutefois une contrepartie. Elle risque d'attiser une inflation déjà largement supérieure à l'objectif de 2 % fixé par le gouvernement et que la Banque d'Angleterre est en charge de faire respecter. En mai, la hausse des prix a atteint 3,2 % en glissement annuel en juin après 3,4 % en mai. Et c'est justement ce qui offre à la livre son principal facteur de soutien : la vieille Dame de Londres ne pourra pas éternellement maintenir son taux directeur au plancher historique de 0,5 % sur lequel il stationne depuis mars 2009. Elle pourrait être une des premières grandes banques centrales à amorcer la fermeture du robinet monétaire, offrant à la livre des rendements plus attractifs que les principales monnaies concurrentes. Même si une inflexion ne semble pas imminente, Andrew Sentance, le seul « Sage » de la Banque d'Angleterre qui plaide depuis deux mois en faveur d'une hausse des taux devrait rapidement faire des émules.

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