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Le prix ou le confort : qui gagnera la bataille aérienne des Antilles ?

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Publié le 27 septembre 2012 à 21:02 - Mis à jour le 27 septembre 2012 à 21:02

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C’est le 15 décembre que débarquera XL Airways sur les lignes reliant Paris aux Antilles françaises. Un vrai « big bang »sur ces routes vers Fort-de-France et Pointe-à-Pitre dont le trafic dépasse le million de passagers. Tant parce que l’arrivée d’un nouvel acteur porte à quatre le nombre de compagnies sur ces lignes –un niveau de concurrence qui n’existe que sur la plus grosse ligne long-courrier du monde, Londres-Heathrow-New-York JFK- que par la nature même de ce nouvel acteur, qui déboule avec un modèle « low-cost » combinant une baisse des prix et un service basique. Ceci, alors que la croissance du trafic vers les Antilles ralentit et que les autres compagnies présentes sur cet axe, Air France, Corsair et Air Caraïbes, ont toutes perdu l’argent l’an dernier.\"Un choc concurrentiel\"« Jusqu’à mi-décembre, nous avons une vision claire. Reste à savoir comme cela va se passer après, avec l’arrivée de XL Airways qui va entraîner une hausse de capacité de 8% sur un marché qui ne va pas augmenter », explique Marc Rochet, le président du directoire d’Air Caraïbes, qui qualifie l’arrivée d’un quatrième opérateur sur la ligne de « choc concurrentiel ».Prix d\'appel de 399 euros l\'aller-retourAu-delà d’une concurrence exacerbée qui se traduit par une guerre des prix, l’arrivée de XL Airways provoque une véritable opposition de modèle entre les trois compagnies déjà présentes sur ces routes (Air France, Air Caraïbes, Corsair) qui proposent un produit de qualité (Corsair a considérablement amélioré ses cabines), et XL Airways qui joue essentiellement sur les prix avec un tarif d’appel de 399 euros TTC (l’aller-retour) sur 12% de la capacité offerte pendant le programme hiver. « Tous nos concurrents ont une approche de montée en gamme de leur compagnie. Il y a une place pour une compagnie atypique comme XL Airways. Sur la République dominicaine, nous sommes devenus la première compagnie européenne en étant les moins chers. Ce modèle peut être dupliqué. Sur New-York, nous sommes aussi les moins chers », explique Laurent Magnin, le PDG de XL Airways. Selon lui, pour deux tiers des Antillais, le prix est déterminant dans le choix de la compagnie.Le confort et le prix pour l\'instantPour l’heure les passagers doivent être ravis. Les compagnies baissent leurs prix, Corsair et Air Caraïbes –qui ont noué un accord de partages de codes au printemps- s’étant même alignés sur XL Airways. «Nous proposons un prix à 398 euros. XL Airways n’aura pas l’avantage tarifaire. Le client préfèrera un avion avec un certain confort », indique le PDG de Corsair Pascal de Izaguirre. Le confort et le prix donc. Dans le détail, ces compagnies s’alignent surtout sur les jours d’opération de XL Airways (trois fois par semaine sur chacune des deux îles).L\'avion de XL Airways est un cost killerDu côté de XL Airways, on s’interroge. « Combien de temps pourront-ils s’aligner car ces prix ne correspondent pas à leurs coûts. A 1000 dollars la tonne de kérosène, quand je vois que certaines compagnies retirent 50 sièges de leur avion (allusion à Corsair qui a reconfiguré ses cabines, ndlr), je me pose des questions », explique Laurent Magnin. XL a notamment l’avantage d’exploiter un appareil ultra efficace en termes de coûts au siège: un A330-300 composé d’une seule classe économique comprenant 408 sièges (autant qu’un A380 tout confort de certains transporteurs asiatiques comme Korean Air par exemple). Pour autant, chez Air Caraïbes, dont la structure de coûts est faible, on assure que XL ne possède pas les coûts les plus bas. Car, dit-on, XL est basé à Roissy, plus coûteux qu’Orly d’où décollent ses concurrents. En outre, XL n’a pas d’activité cargo qui permet de gonfler les revenus. Qui va craquer? Comment cela-va-t-il finir ? « Il va y avoir du dégât entre les quatre compagnies », explique Alain Malka, directeur général d’Air France en charge du réseau Caraïbes Océan Indien. Nombreux sont les observateurs qui assurent que la ligne ne peut supporter quatre opérateurs. « Une compagnie va-t-elle craquer ? L’histoire le dira. Il faudra bien qu’à un moment, les modèles performants l’emportent », déclare Laurent Magnin. « Si l’une des trois compagnies qui se ressemblent craque, elle ne sera pas remplacée. Si c’est XL Airways, elle le sera par une compagnie présentant elle aussi un modèle atypique. Même si cela prend encore du temps, le low-cost long-courrier va exploser », ajoute t-il.XL Airways en venteDans ce débat, la bataille des modèles est une chose. Celle de l’actionnariat en est une autre. XL Airways vit depuis quatre ans avec « un sleeping shareholder », la banque islandaise Straumur. Celle-ci continue à chercher à vendre cette compagnie qui, à l\'exception de 2010, a été bénéficiaire chaque année. XL Airways le sait : elle ne pourra pas compter sur le soutien de son actionnaire. Elle est condamnée à réussir. Corsair, en pertes chroniques depuis des années, est dans une situation plus confortable. Son actionnaire, le géant du tourisme TUI, l’a recapitalisée à hauteur 220 millions fin mai et toucher le solde de l’enveloppe de 300 millions prévus, en 2013. Le retour à l’équilibre es prévu fin septembre 2014.

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