Énorme collectif budgétaire à l'étude à Tokyo

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Le gouvernement japonais devrait injecter, une fois encore, des fonds publics dans son économie. Selon la presse de l'Archipel, l'exécutif nippon envisage de faire voter des dépenses supplémentaires d'un montant de 4.600 milliards de yens (40,5 milliards d'euros), destiné à stimuler l'économie, pour clôturer l'exercice qui s'achèvera en mars. Le gouvernement espère financer ces mesures sans avoir recours à l'emprunt. La dette publique, qui représente plus de 200 % du PIB, limite très étroitement ses marges de manoeuvre. Le ministre du budget n'a cependant pas exclu d'émettre des obligations pour financer ce plan, qui devrait être présenté devant la Diète en octobre.Trois erreurs gravesCes mesures s'ajoutent à un autre plan de relance de 915  milliards (8 milliards d'euros) annoncé par le Premier ministre Naoto Kan il y a quelques jours seulement et destiné à lutter contre la hausse du yen et la déflation. Le gouvernement n'a pas encore indiqué comment serait dépensée cette nouvelle manne publique. « Le problème n'est plus « combien » mais « comment » ils dépensent », souligne Kyohei Morita, l'économiste en chef de Barclays. Ces mesures viendraient prendre le relais d'un programme d'aide à la consommation à vocation écologique à base d'« éco-points » mis en avril 2009 qui a soutenu, très intelligemment, la demande intérieure pour les produits électroniques et les automobiles japonais. Ce programme a expiré le 7 septembre. « À mon avis, le gouvernement a commis trois erreurs graves depuis avril 2009 : il n'a pas prévu de contre-mesures pour amortir le choc de la fin des éco-points, il n'a pas montré comment soutenir la croissance pouvait réduire le chômage, et il a laissé le yen s'apprécier », estime l'économiste Nobuyuki Saji, de MUFG. Car le budget supplémentaire se veut aussi un amortisseur au choc de la flambée du yen, qui pénalise les exportateurs, principaux moteurs de la croissance de l'économie de l'Archipel. Depuis juin dernier, le yen s'est apprécié d'environ 10 % face au dollar américain. Le ministère des Finances a recommencé à intervenir sur les marchés des changes pour tenter de casser la courbe ascendante du yen, n'offrant qu'un bref répit au pays. Sans demande extérieure pour ses produits, sans consommation, le Japon n'aura plus de moteurs de croissance.Régis Arnaud, à Tokyo.

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