Peines de prison fermes dans l'Angolagate
La Tribune
La Tribune
Dans l'affaire de l'Angolagate, un vaste trafic d'armes vers l'Angola, le tribunal correctionnel de Paris a condamné au total 36 personnes, dont les associés Arcadi Gaydamak et Pierre Falcone, leurs anciens employés et des « obligés » condamnés pour avoir reçu indûment de l'argent. Ainsi, Arcadi Gaydamak, 57 ans, réfugié en Israël puis à Moscou, et Pierre Falcone, 55 ans, ont tous les deux été condamnés à une peine de six ans de prison ferme, assortie, concernant Pierre Falcone, d'une incarcération immédiate. Le parquet avait réclamé six ans de prison ferme pour les deux hommes. Parmi les personnalités, Charles Pasqua, sénateur de 82 ans, ancien président du Conseil général des Hauts-de-Seine et ex-ministre de l'Intérieur, est condamné pour trafic d'influence à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis, et 100.000 euros d'amende (trois ans avec sursis requis). Il s'agit de la première condamnation de Charles Pasqua à de la prison ferme. Jean-Charles Marchiani, alors conseiller de Charles Pasqua et préfet du Var, 66 ans, est condamné à trois ans de prison, dont vingt et un mois avec sursis et 375.000 euros d'amende pour complicité de trafic d'influence et recel d'abus de biens sociaux (trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, requis). Jean-Christophe Mitterrand, 62 ans, fils aîné du président François Mitterrand dont il fut le conseiller Afrique de 1986 à 92, a écopé d'une peine de deux ans de prison avec sursis et 375.000 euros d'amende pour recel d'abus de bien sociaux (trois ans, dont deux avec sursis, requis). Il a touché 2,6 millions de dollars pour avoir servi d'intermédiaire à Pierre Falcone, une somme correspondant selon lui à la rémunération de « conseils ». Paul-Loup Sulitzer, 63 ans, auteur de romans aux intrigues financières, est condamné pour recel d'abus de biens sociaux à quinze mois avec sursis et 100.000 euros d'amende (dix-huit mois avec sursis requis). Il a perçu 380.000 euros pour user de son influence dans le monde des médias afin de redorer l'image des deux associés. Six personnes ont été relaxées, parmi lesquelles figurent le consultant Jacques Attali et le président de la Miviludes (Mission contre les sectes) Georges Fenech.
La Tribune