Lakshmi Mittal : portrait en sept adjectifs

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\"Nous ne voulons plus de Mittal en France parce qu\'ils n\'ont pas respecté la France\" déclarait le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg dans une interview accordée aux Echos publiée le  26 novembre. Le lendemain, ce mardi, le Président français recevait Lakshmi Mittal, \"main de fer dans un gant d\'acier\", à l\'Elysée pour discuter de la revente des hauts-fourneaux de Florange, au coeur des préoccupations politiques et médiatiques depuis plusieurs semaines. Mardi à l\'Elysée, François Hollande tente de le convaincre de lâcher du lest sur Florange: \"la nationalisation fait partie du sujet de la discussion,\" a affirmé le président français ce mardi lors d\'un point presse. Pas sûr que l\'entrepreneur se laisse convaincre. Le PDG du sidérurgiste ArcelorMittal avait déjà été reçu le 27 septembre par François Hollande. Depuis, la situation ne s\'est guère amélioré et à quatre jours de l\'expiration du délai, le gouvernement n\'a toujours pas trouvé de repreneur pour les deux hauts-fourneaux mosellans. Mais qui est donc Lakshmi Mittal? La Tribune propose de zoomer en sept mots clés sur cet homme en plein bras de fer avec le gouvernement, et dont des centaines d\'emplois français dépendent.• Indien : Lakshmi Mittal est né le 19 juin 1950 à Sadulpur, un village indien situé près de Calcutta. Son père, Mohanlal Mittal, y possédait une petite aciérie.• Fortuné : Selon le classement 2012 du magazine américain Forbes, le PDG d\'ArcelorMittal est la 21e personne la plus riche du monde. Sa fortune est estimée à 45 milliards de dollars. Dans l\'hindouisme, Lakshmi est la déesse de la Fortune et de l\'abondance, comme si ses parents avaient voulu l\'y prédestiner.• Audacieux : Il a monté son empire de l\'acier en procédant à des acquisitions successives de sites non rentables, les a développés, redressés. Le premier dans ce cas fut une usine de Trinité et Tobago, qu\'il réussit à redresser en à peine une année à la fin des années 1980. \"C\'est très simple, j\'ai remplacé les managers européens par des Indiens\", racontera-t-il plus tard pour expliquer son succès. Il convainc ensuite les autorités du Mexique de lui laisser prendre le contrôle de deux usines sidérurgiques de Sicarsta. En deux ans, elles redeviennent rentables, le niveau de leur production explose. Les prises de contrôle s\'enchaînent ensuite ailleurs, en Europe notamment, ainsi qu\'au Canada, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud... En octobre 2004, il procède à la fusion de Mittal avec ISG (International Steel Group) puis lance une OPA hostile sur Arcelor deux ans plus tard. Depuis, le ryhtme des reprises ne s\'est pas tari.• Influent : En 2007, l\'hebdomadaire américain Time le classait parmi les 100 personnes les plus influentes au monde. Outre le fait qu\'il soit à la tête du numéro 1 mondial de l\'acier, il siège également aux Conseils de surveillance des groupes Goldman Sachs , EADS et ICICI Bank, la deuxième plus grande banque d\'Inde.• Redouté : \"Mittal est un prédateur, je pèse mes mots; il détruit des usines et des emplois dans le monde entier. Il n\'a jamais caché qu\'il tirerait un trait sur Florange\", considère un délégué CFDT lorrain, Edouard Martin (CFDT).• Voyageur : Bien qu\'il possède une somptueuse villa dans un quartier chic de Londres, ce manager de 260.000 personnes à travers le monde dont 20.000 en France ne reste jamais très longtemps dans la capitale anglaise, et voyage régulièrement de continent en continent pour gérer ses intérêts. Des observateurs ont même calculé qu\'il parcourt plus de dix fois le tour de la terre chaque année à bord de son jet privé.• Manager : Il a une stratégie de gestionnaire plus qu\'un profil de technicien. Formé au commerce à l\'université de Calcutta, il considère que \"quand les personnes savent dans quelle direction vont leurs leaders, elles sont plus faciles à motiver\".

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