Barroso II est mieux que Barroso I... vu de Paris

 |   |  496  mots
Commission européenneVoilà qui va plaire à l'Élysée ! Les francophones font un retour en force à Bruxelles. Tout comme avec Herman Van Rompuy, le nouveau président du Conseil, Nicolas Sarkozy pourra s'entretenir dans sa langue avec les poids lourds du nouveau collège Barroso II. Outre le Belge Karel de Gucht, chargé du commerce international, la Suédoise Cecilia Malmström, ancienne élève du lycée de Saint-Germain-en-Laye, pilotera la politique de l'immigration. Francophones également, quatre sortants influents : l'Espagnol Joachim Almunia, à la Concurrence, l'Italien Antonio Tajani, à l'Industrie, le Finlandais Olli Rehn, aux Affaires économiques, ou encore l'Estonien Siim Kallas, aux Transports. Pour le commissaire à l'Agriculture, le roumain Dacian Ciolos, la francophonie se double de francophilie assumée. « La France est devenue pour moi un pays d'adoption », déclarait-il récemment. Mais Paris n'a pas que des raisons linguistiques de se réjouir. Le nuancier idéologique de la nouvelle équipe lui conviendra probablement mieux que celle de Barroso I.Parmi les vingt-sept commissaires -treize nouveaux visages dont neuf femmes-, le centre-droit fait un retour en force. Avec le Commerce, les Affaires économiques et les Affaires intérieures, les libéraux exclus des postes au Conseil ont reçu de jolis lots de consolation. En même temps, les choix de José Manuel Barroso laissent penser qu'il entame un virage régulateur.Alors que la PAC dépendait jusqu'ici d'une libérale danoise, son avenir se trouve à présent entre les mains d'un « pro régulation ». Paris a d'ailleurs soutenu la candidature de Dacian Ciolos. « Je ne pense pas à revenir en arrière, mais il faudra des instruments de régulation du marché. On a laissé faire sur les services financiers et on a eu une grave crise. On court le même risque avec l'agroalimentaire en disant que le marché va tout faire », expliquait-il récemment à « La Tribune ».Est-ce également l'avis de Günther Oettinger, le nouveau commissaire allemand à l'Énergie ? L'homme vient en tout cas d'un Land, le Bade-Wurtemberg, où la « politique industrielle », chère à Paris, n'est pas un gros mot. Face à la Russie, qui joue de ses richesses en gaz comme d'une arme diplomatique, l'Allemand devrait donner plus d'autorité à la parole européenne. Accessoirement, il vient d'un des Länder les plus nucléaires. Bruxelles se dote enfin d'une « Mme Climat », avec la Danoise Connie Hedegaard, déjà chargée dans son pays de piloter les préparatifs du sommet de Copenhague.Pour l'heure, l'équipe Barroso II n'est faite que de « commissaires désignés ». Ils devront être auditionnés un à un par les eurodéputés à partir du 11 janvier et pourront entrer en fonction dès que le Parlement aura voté, le 26 janvier. À condition bien sûr que les eurodéputés donnent leur feu vert : il y a cinq ans, ils avaient obligé José Manuel Barroso à rayer deux noms et à réallouer un portefeuille. nles commissaires, « désignés », seront auditionnés un à un par les eurodéputés.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :