La France n'a plus peur du noir

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Le XV de France n'est champion du monde de rien, peut-être des matchs amicaux. La Nouvelle-Zélande ne l'a été qu'une fois en 1987, une éternité. Leurs destins sont de courir après ce but ultime sans jamais l'atteindre, mais de se télescoper avec fracas à chaque occasion. Comme les Danaïdes qui remplissent leur tonneau, Français et Néo-Zélandais cavalent après le titre mondial. Mais contrairement aux suppliciées antiques, ils ont la distraction de s'affronter pour égayer leur quête. Quand bien même, ils dominent le classement mondial établi par la Fédération internationale, les Néo-Zélandais ne font plus peur à personne. Et surtout pas à nous Français.Face à eux, les Bleus possèdent un vaccin qui les immunise contre le génie black dans les matchs importants. Demi-finale de la Coupe du monde 99, quart de finale Coupe du monde 2007, à chaque fois, les Blacks passent à la casserole. « Il y a une histoire particulière, on a réussi à les faire trébucher à des moments importants de leur histoire, avance Vincent Clerc. Mais au fond, on s'aime bien, ça donne toujours de beaux matchs. C'est respectueux et ça rend ce moment très beau. »Après avoir mis sur la nuque les champions du monde sud-africains et démonté proprement, pendant une mi-temps, les Samoa, le XV de France va essayer de marcher sur ces All Blacks en quête de renouveau à deux ans d'une Coupe du monde sur leurs îles. D'autant plus que les deux formations ne se retrouveront plus avant le Mondial. Un peu comme France et Brésil en football, Français et Néo-Zélandais sont les meilleurs ennemis du monde. Dans leur for intérieur, les Blacks nous craignent comme personne, car ils savent que nous avons cette recette indicible pour les terrasser, même s'ils trônent en maître du jeu. Mais attention à ne pas tomber dans cette suffisance si latine, qui est notre faiblesse, après le succès contre l'Afrique du Sud.Les joueurs de Graham Henry arrivent armés avec un Richie McCaw presque à son meilleur niveau et un Dan Carter à la botte diabolique. « Ils vous harcèlent sans arrêt, ils vous mettent la pression partout , analyse Sébastien Chabal. Il ne faut pas s'arrêter sur leur jeu, sinon on pourrait prendre peur et surtout, ne pas envisager la défaite. » « Ce sont des joueurs qui se nourrissent de peu de munitions qui s'adaptent très bien au jeu de l'adversaire » ajoute Sylvain Marconnet. Avec ce qu'elle a proposé en mêlée contre l'Afrique du Sud, la France possède le moyen de pression essentiel du rugby moderne. Même si Marc Lièvremont a incorporé Julien Bonnaire, Sylvain Marconnet et Sébastien Chabal, cet attelage ressemble à un rouleau compresseur avec Fabien Barcella en chef de régiment blindé. Dans ce registre-là, il s'agira de confirmer tandis que derrière, c'est un examen ardu face aux cadors du genre pour Trinh-Duc ou Jauzion. Lors des trois dernières confrontations, le XV de France l'a emporté deux fois. Et puis nous avons de notre côté le talisman du Stade Vélodrome dans lequel le XV de France n'a perdu qu'une fois dans son histoire. Il y a aussi au bout cette possibilité de terminer la tournée invaincu. À deux ans du Mondial, on ne sera pas encore champion du monde, mais les certitudes seront là. n«?Mais au fond, on s'aime bien, ça donne toujours de beaux matchs.?»

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