Mur budgétaire : la presse américaine affiche son pessimisme

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Washington est sur le pied de guerre. Barack Obama ainsi que nombre de représentants et de sénateurs ont écourté leurs vacances de Noël pour tenter de trouver une solution à la crise budgétaire. Le but: éviter de buter sur la \"falaise fiscale\" (la fameuse \"Fiscal Cliff\"). Si rien n\'est décidé le 31 décembre à minuit, des mécanismes automatiques de réduction des dépenses et de hausses d\'impôts devraient prendre effet. Un péril pour l\'économie américaine, puisque, selon de nombreux analystes, cela pourrait faire plonger le pays dans la récession. Mercredi, la lettre de Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, a rappelé l\'échéance, en avertissant que, lundi prochain, le plafond de 16.400 milliards de dollars de dette devrait être atteint. Or, les Démocrates, majoritaires au Sénat, et les Républicains, qui dominent la chambre des Représentants, s\'oppposent toujours sur les moyens d\'éviter que les mécanismes automatiques soient déclenchés. Plusieurs médias américains décrivent une situation bloquée où chacun se renvoie la balle. Tour d\'horizon.• Washington Post : \"les chances de succès semblent s\'être affaiblies pendant les vacances de Noël\"\"La Chambre contrôlée par les Républicains a renoncé à toute responsabilité dans la résolution de la crise\", est-il écrit dans le grand quotidien de la capitale. Ce dernier précise que les deux chefs de file des élus au Sénat, le démocrate Harry Reid et celui de l\'opposition, Mitch McConnell, ne se sont ni rencontrés ni parlés depuis qu\'ils ont quitté la capitale pour le week-end. \"Un petit signe de progrès est venu des dirigeants du GOP [ Grand Old Party, le parti républicain] à la Chambre qui ont demandé à ouvrir une session mercredi\", ajoute le Washington Post. Toutefois, les dirigeants républicains ont publié un communiqué commun annonçant que la Chambre des Représentants n\'agirait que si le Sénat le faisait d\'abord. \"Sans signe d\'urgence, des conseillers des deux parties ont prédit que l\'échec n\'était pas seulement une possibilité - cela devenait l\'issue la plus probable\", commente le quotidien. Aussi, \"aucun mouvement significatif n\'était attendu jeudi\".Pour le \"WaPo\", l\'écart entre Barack Obama et John Boehner, le chef de la majorité républicaine à la Chambre des Représentants, reste trop grand. Entre les coupes budgétaires concédées par l\'un et les hausses d\'impôts acceptées par l\'autre, il manquerait 450 milliards de dollars. \"A la fin, le fossé s\'est avéré bien plus large du point de vue politique que numérique\", analyse-t-il. Le Washington Post en rejette essentiellement la responsabilité sur les Démocrates, triomphants en novembre, qui ont gagné des sièges au Congrès et qui ont refusé notamment de repousser à 67 ans l\'âge minimum légal pour bénéficier de l\'assurance-santé Medicare (contre 65 aujourd\'hui). Selon le quotidien, la seule solution serait que le Sénat fasse un pas en amendant le projet de la Chambre des Représentants de façon à ce que les impôts soient augmentés pour les plus riches.• The New York Times : Pas de \"véritable chemin vers une sortie du bourbier fiscal\"Même ton pour le New York Times: \"Le président Obama et les membres du Sénat rentrent à Washington [...] sans véritable chemin vers un sortie du bourbier fiscal\". \"Pourtant, à seulement quelques jours du coup de massue fiscal, les deux parties font d\'assez peu état de leur sens de l\'urgence\", est-il écrit. Pour le NYT, l\'analyse est simple: \"les nouvelles déclarations publiques de mercredi semble plutôt destinées à s\'assurer que l\'autre partie sera blâmée plutôt qu\'à encourager un progrès vers un accord\". Et de rappeler que le représentant des Républicains (majoritaires) à la chambre John Boehner ont appelé le Sénat à agir d\'abord tandis que le chef de file de la majorité au Sénat, Harry Reid a demandé aux Républicains de la Chambre d\'accepter les propositions des sénateurs visant à protéger les ménages gagnants moins de 250.000 dollars de revenus par an contre une hausse des taxes.• Wall Street Journal: \"aucun signe de progrès\"Sur le blocage de la situation, la rengaine est la même pour le quotidien financier de New York. \"La Maison Blanche et les dirigeants du congrès n\'ont montré aucun signe de progrès dans la création d\'un accord pour éviter\" le mur budgétaire, est-il ainsi écrit dans le Wall Street Journal.A la différence des autres grands quotidiens, ce dernier revient sur le précédent de 2011. \"La dernière fois que l\'administration Obama a signifié au Congrès qu\'il approchait du plafond, les Républicains ont dit qu\'il ne le déplacerait pas à moins que la Maison Blanche ne fasse des coupes budgétaire drastiques\", rappelle-t-il. Cela a conduit au \"Budget Control Act\" et à la dégradation de la note souveraine du pays par Standard and Poor\'s. Moody\'s a fait savoir qu\'il agirait de même si le plafond de la dette est dépassé, si aucune solution n\'est trouvée en 2013.• Huffington Post: Chaque parti attend que l\'autre agisse en premierLe premier site d\'information américain accordait la première place, ce jeudi, à l\'imminence du \"mur budgétaire\". Et, là aussi, le pessimisme est de mise. \"Pour ceux qui conservaient l\'espoir d\'une résolution de la fameuse \'falaise fiscale\', ce fut un Noël raté\" écrivent Jennifer Bendery et Sabrina Siddiqui à Washington. \"Chaque parti attend que l\'autre agisse en premier\" résument-elles.• Los Angeles Times: le Fiscal Cliff... en 1932Enfin, de son côté, le Los Angeles Times a mis en route sa machine à remonter le temps pour évoquer dans un article d\'opinion un autre \"Fiscal Cliff\" vieux de 80 ans. En septembre 1932, les Etats-Unis connaissaient le même type de situation.  A l\'époque, et comme aujourd\'hui, les conservateurs exigeaient une action immédiate pour régler le problème du budget fédéral [...] et à l\'époque, comme aujourd\'hui, les américains moyens se demandaient pourquoi on faisait tant d\'histoires à propos des déficits. La Dépression en était à sa troisième année et des millions de personnes n\'avaient plus d\'emploi\" écrit Sam Pizzigati, rédacteur en chef de \"Too Much\", lettre hebdomadaire de l\'Institute for Policy Studies.\"Est-ce que l\'histoire se répète simplement? Si c\'est le cas, il faudrait que cette répétition soit provoquée, avec le même résultat final. La crise fiscale de 1932 a produit un tournant décisif inattendu et sensationnel dans l\'histoire américaine, le moment où l\'Amérique riche et puissante a commencé à relâcher son emprise sur la politique nationale\". L\'auteur raconte alors comment Démocrates et Républicains se sont affrontés sur la taxation des plus hauts revenus. Le département du Trésor a proposé à Herbert Hoover, qui occupait alors la Maison Blanche, une nouvelle taxe fédérale sur les biens et services et dont devaient donc s\'acquitter l\'ensemble des Américains. Le président, en pleine campagne pour sa réélection, a préféré accroître l\'impôt sur le revenu pour les plus aisés, ce qui ne manqua pas de provoquer la colère de certains, comme le magnats de la presse, William Hearst. Toutefois, après une campagne populaire pour \"essorer les riches\", l\'option d\'une hausse des taxes pour les plus hauts revenus a finalement été retenue. Quelques mois plus tard, Franklin Roosevelt remportait sa première élection. \"Le \'new deal\' avait commencé\", conclut l\'auteur de cette tribune, ajoutant \"quand commencera-t-il à nouveau ?\".

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