Les projets de banques

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En énormes lettres blanches sur fond bleu, le slogan attire immédiatement l'attention des passants : « Aimez votre banque. » Située juste en face de la très passante station de métro Holborn, au centre de Londres, la devanture de l'établissement est recouverte de ce message prometteur mais énigmatique : il n'y a ni enseigne, ni nom, et le message « ouverture prochaine » n'est guère précis. L'agence appartient en fait à Metro Bank, un nouvel établissement qui espère ouvrir en Grande-Bretagne dans les mois qui viennent. Son promoteur est un Américain, Vernon Hill, fondateur dans les années 1970 de Commerce Bank (désormais renommée Metro Bank), dont il n'a plus le contrôle, aux États-Unis. Ses ambitions sont grandes : il envisage d'ouvrir douze agences dès cette année, grâce aux 75 millions de livres (86 millions d'euros) qu'il a déjà levés.Metro Bank n'est pas le seul nouvel établissement bancaire à s'intéresser à la Grande-Bretagne. Une série de projets sont dans les starting-blocks, menés par Blackstone (voir ci-dessous), Virgin, Tesco, National Australia Bank, et même un ancien analyste bancaire. Ces marques d'intérêt se justifient par le fait que 10 % du marché bancaire britannique va être vendu. Conséquence des plans d'aide reçus par Lloyds Banking Group et Royal Bank of Scotland, Bruxelles a ordonné la mise sur le marché de plus de neuf cents de leurs agences bancaires. À cela s'ajoute Northern Rock, récemment scindée entre une « bonne » et une « mauvaise » banque, et qui espère céder prochainement son réseau.plus de concurrenceDowning Street veut que les agences vendues aillent à de « nouveaux entrants » : « Il y a eu une réduction progressive du nombre de banques et ce sera le premier pas vers un retour à plus de concurrence », explique Paul Myners, secrétaire d'État chargé du secteur financier. Cela explique l'arrivée de gros poissons, comme Virgin Money. La marque, qui s'était déjà intéressée à Northern Rock juste avant sa nationalisation, ne cache pas ses ambitions. Fournissant déjà des services financiers à 2,5 millions de clients (cartes de crédit, comptes épargne, assurance?), elle a conclu cette semaine l'acquisition d'une petite banque régionale, Church House Trust, ce qui lui a permis de décrocher une licence bancaire. « Nous pouvons créer un exode hors des banques traditionnelles », espère un porte-parole. National Australia Bank, qui possède déjà deux petites banques régionales en Grande-Bretagne, serait aussi intéressée par le réseau de Northern Rock.Deuxième explication à l'effervescence du marché bancaire britannique : les clients sont généralement peu satisfaits des établissements actuels. « La crise financière a entaché la réputation de nombreuses banques », estime Jayne-Anne Gadhia, directrice de Virgin Money. C'est pourquoi Tesco, qui fournit déjà un certain nombre de services financiers, va bientôt proposer au grand public d'ouvrir des comptes courants.Sandy Chen en a tiré la même conclusion logique : cet ancien analyste bancaire prépare le lancement de Watson & Co, un établissement qui espère ouvrir ses deux premières agences dans le sud-est de l'Angleterre en 2011. L'entreprise prépare actuellement son introduction en Bourse sur l'AIM (marché des petites entreprises) pour février afin de lever jusqu'à 200 millions de livres (230 millions d'euros). Son objectif : « Offrir des services bancaires personnalisés, à l'ancienne, sans risque, à des clients qui ont plus de 50.000 euros d'actifs liquides », explique un porte-parole. L'entreprise attend de recevoir sa licence bancaire.

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