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Une famille royale très « business oriented »

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Publié le 28 avril 2011 à 19:32 - Mis à jour le 28 avril 2011 à 19:32

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Ces derniers mois, la famille royale a occupé presque quotidiennement la une des journaux britanniques. Si le mariage du prince William et de Kate Middleton titille les lecteurs, la révélation des relations troubles du duc d'York, deuxième fils de la reine Elizabeth II, a pollué durant quelques semaines la fête à venir. Nommé représentant spécial britannique pour le commerce et l'investissement en 2001, le prince Andrew a en effet croisé de nombreux dirigeants internationaux mis en cause durant les révolutions de Jasmin. L'ancien ministre à l'Europe Chris Bryant assure qu'il est « un ami très proche de Saif Kadhafi (le fils du colonel) mais aussi un ami proche du trafiquant d'armes libyen Tarek Kaituni ».Selon le « Daily Mail », Andrew a rencontré Saif Kadhafi durant une visite au Kazakhstan. Ils sont ensuite devenus proches lors de réunions à Londres, où le fils Kadhafi possède une demeure acquise pour 10 millions de livres sterling (11,3 millions d'euros), avant de se revoir longuement à Tripoli dans le cadre de visites officielles. En échange, Saif aurait été accueilli au palais de Buckingham et au château de Windsor. Autre invité de marque reçu en grande pompe à Buckingham : Sakher el-Materi, le gendre de l'ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali. Même si des parlementaires britanniques ont réclamé sa démission et qu'un ancien ambassadeur à Tunis a exprimé sa stupeur qu'une rencontre avec « le pire de tous les voyous ait pu avoir lieu », la position du prince Andrew est demeurée solide : comme l'a expliqué l'un de ses porte-parole, « el-Materi était alors directeur adjoint de la chambre de commerce anglo-tunisienne. Qu'importe ce qui est arrivé depuis, à ce moment-là son engagement public était légitime ».Concrètement, qu'en est-il donc ? Quel est le rôle d'Andrew, mais aussi de Charles ? Selon son site Internet, le père de William s'est rendu avec son épouse du 28 mars au 6 avril au Portugal, en Espagne et au Maroc « pour un tour de promotion du commerce britannique ». Il avait effectué d'autres voyages au Vatican, en Allemagne, au Canada, en Pologne, en Hongrie et en République tchèque durant l'année 2009-2010. « Ce n'est pas sa fonction officielle, mais il voyage à l'étranger sur demande du ministère des Affaires étrangères, explique une de ses porte-parole. Le but de chacun des voyages est déterminé par le ministère, qu'il soit culturel, commercial ou autre. Tout est à sa discrétion. »Ses expéditions demeurent plus rares que celles d'Andrew. Le site de l'agence d'investissement et du commerce du gouvernement britannique précise que « la position unique du duc lui donne un accès inégalé aux membres des familles royales, aux chefs d'État, aux ministres gouvernementaux et aux directeurs d'entreprises. Il peut réaffirmer l'importance que le Royaume-Uni attache aux relations bilatérales au plus haut niveau et faire du lobbying au nom des commerces britanniques ». Le ministre des Affaires étrangères, William Hague, a admis qu'il effectuait « un très bon travail ». Surtout qu'il opère de façon bénévole : officiellement, l'agence d'investissement et du commerce paie son transport et son logement à l'étranger, le palais royal ses affaires personnelles. Si aucun chiffre n'est disponible à ce propos, les voyages 2009-2010 ont coûté 140.692 livres au contribuable britannique.Concrètement, nous explique un proche du dossier, « des réunions sont organisées régulièrement entre l'agence d'investissement et du commerce, le palais royal et le ministère des Affaires étrangères et du Commonwealth. Elles déterminent ses voyages à effectuer, leurs dates, mais aussi les rendez-vous à prendre au préalable avec les entrepreneurs britanniques intéressés. Évidemment, les destinations sont choisies selon la nature du régime en place : le prince Andrew aura forcément plus d'affinités, et parfois déjà des contacts, et donc plus d'influence auprès d'un monarque ou d'un cheikh qu'auprès d'un président démocratiquement élu. Il se rend donc principalement au Moyen-Orient et en Asie ».Sur son site personnel, le duc d'York se veut d'une transparence absolue. Chacun de ses rendez-vous officiels au Royaume-Uni ou à l'étranger est noté dans l'agenda accessible aux internautes, avec le nom de la personne ou de l'organisation rencontrée ou visitée, et à quel titre - Andrew patronne en effet de nombreuses organisations. Certaines entreprises ont même accepté de laisser un témoignage de son aide. La plupart d'entre elles s'avèrent assez vagues sur ce soutien ; le vice-président de Barclays Capital David Wright note ainsi : « Dans le marché de plus en plus compétitif et mondialisé dans lequel nous travaillons, il est vital de maximiser le soutien que les compagnies peuvent obtenir de réseaux internationaux efficaces. Son Altesse Royale offre l'accès à l'un d'entre eux dans son rôle de soutien aux affaires. C'est un actif de valeur pour les entreprises et la marque au Royaume-Uni. » Mais d'autres se montrent plus explicites : le patron de la société de services Serco, Chris Hyman, l'assure : « En résultat de l'aide très significative du duc d'York, nous avons gagné un contrat de 400 millions de livres pour opérer le nouveau métro de Dubai. » Graham Cartledge, président de la firme d'architecture et de design Benoy, exprime « sa gratitude pour son aide et son travail en notre nom dans le Moyen-Orient, où nous avons gagné plusieurs contrats avec un budget de plus de 5 milliards de livres sterling ». Mais une fois contactées pour en savoir plus sur le processus de la prise de contact avec Andrew, et non sur le contenu des discussions avec lui, ces sociétés restent muettes. « Nous ne pouvons rien dire sur ses manières de fonctionner, insiste Marcus de Ville, porte-parole de Serco. Cela fait partie d'un processus de confidentialité déterminé en amont. » La porte-parole de Benoy se dit désolée : « En raison de plusieurs restrictions, nous ne pouvons pas faire de commentaires en ce moment. » Il faudra donc s'en tenir aux déclarations officielles. Et à celles, moins glorieuses, de son ex-femme Sarah Ferguson, qui avait promis, l'été dernier, au journaliste d'un tabloïd britannique déguisé en homme d'affaires étranger qu'il pourrait rencontrer son mari contre le versement de 500.000 livres.Tristan de Bourbon

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