Le G20 n'a voulu fâcher personne

Quarante cinq heures ont été nécessaires à l'accouchement du communiqué final du G20 qui s'est tenu samedi et dimanche à Toronto. Chaque mot a été méticuleusement pesé par les pays réunis autour de la table des négociations, tant les intérêts nationaux étaient à vif, compte tenu des sujets abordés (réduction des déficits budgétaires, soutien à l'économie, durcissement de la régulation financière). Au total, le message des 20 plus grandes économies du monde n'était pas d'une lecture simple. Au risque de mettre en doute la pertinence de la déclaration et de l'utilité du sommet. Sujet sensible, la question de la réduction des déficits budgétaires, qui opposait Européens et Américains, s'est soldée par une déclaration affadie : « Les économies avancées se sont engagées à mettre en place des plans budgétaires qui auront pour effet de réduire d'au moins la moitié les déficits d'ici à 2013, et de stabiliser ou de réduire les ratios de la dette publique au Pib d'ici à 2016 ». Commentant ce point, Nicolas Sarkozy a précisé qu'«iIl ne s'agit pas d'une cible » que se serait « collectivement » imposée le G20 comme l'aurait souhaiter le gouvernement canadien, mais de la prise en compte de « l'engagement volontaire pris pays par pays ». Le Japon s'est ainsi opposé à une formulation contraignante. « Certains pays pensent que le risque de déflation est plus important que celui de l'inflation et de la dette », a précisé le président français. Autres capitulations, l'incapacité du G20 à s'entendre sur l'instauration d'une taxe bancaire mondiale contre les crises futures, ou encore l'assouplissement du calendrier d'application de l'augmentation des fonds propres des banques. Initialement fixée à 2012, la mise en oeuvre des nouvelles normes bancaires pourra s'effectuer « dans un horizon de transition qui sera déterminé en fonction de l'étude de l'impact macroéconomique », a conclu, évasif, le G20.Laurent Chemineau, envoyé spécial à Toronto

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