La France taxe plus que la moyenne

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L'Europe taxe peu les entreprises et le capital et beaucoup les revenus et la consommation. Et la crise l'a confirmé, selon des chiffres publiés lundi par la Commission européenne. Seule exception, les hauts revenus qui après avoir connu une « baisse importante » jusqu'à 2009 de leur fiscalité voient une « remontée légère » s'esquisser. « Dans un souci de justice sociale  », souligne-t-on à la Commission. La fiscalité du travail représente plus de la moitié des recettes fiscales des Vingt-Sept (55 %). Les taxes à la consommation abondent 27,4 % des budgets et le capital seulement 22,8 %. «La difficulté à augmenter la part et les taux d'imposition du capital s'explique par sa mobilité », notait un expert. En clair : la concurrence entre pays a joué en faveur des entreprises, mais pas des personnes. La France se distingue par une pression fiscale supérieure de 6 % à la moyenne des Vingt-Sept (37 % du PIB). L'imposition des revenus des sociétés y est 12 % plus élevée (38,8% contre 26,5 %). La fiscalité des revenus des personnes, qui reste relativement élevée, a considérablement baissé depuis 10 ans (-14 %). Mais l'Allemagne a connu une évolution inverse  : baisse (-6 %) de la fiscalité personnelle et chute de l'impôt sur les sociétés de 51 % à 30 %. Ces chiffres éclairent les défis pour les gouvernements. La croissance pré-crise leur avait permis d'alléger la pression fiscale tout en augmentant leurs recettes. À présent, ils ont un choix cornélien pour réduire les déficits : augmenter la fiscalité des personnes, au risque d'être sanctionnés par les électeurs, ou celle des entreprises, au risque de les perdre. C'est encore plus vrai pour la France.Florence Autret, à Bruxelle

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