L'Onera transmet ses ondes aux industriels

À l'heure où le gouvernement met à l'honneur le rapprochement entre scientifiques et industriels, l'Onera peut se vanter d'avoir été un pionnier de la recherche partenariale. Il est vrai que l'Office national d'études et de recherche aérospatiale, sous tutelle de la DGA (Délégation générale pour l'armement), a été depuis sa création, en 1946, le fer de lance de l'industrie de la Défense française. Il emploie plus de 2.000 personnes, dont près de 1.500 scientifiques. Son activité contractuelle représente 62 % du budget (210 millions d'euros en 2009) avec notamment Airbus, Arianespace, MBDA, Eurocopter, Thales. Ses innovations à usage militaire sont aussi déclinées pour des applications civiles. Une source de revenus importante pour ce laboratoire qui dépose une douzaine de brevets par an. Dans le domaine de la sécurité, le radar à ondes de surface dispose de sérieux atouts. En développement depuis vingt ans à l'Onera, ce système permet de détecter des objets à la surface de l'eau par l'envoi d'ondes magnétiques qui suivent la surface de la mer au-delà de l'horizon jusqu'à 400 km. « En quelques années, ce radar a amélioré son taux de détection de 50 % à 80 %, ce qui en fait un formidable outil de surveillance des zones maritimes des États et peut réduire les coûts d'utilisation d'avions de reconnaissance », se félicite Denis Maugard, président de l'Onera. Le centre de recherche a signé à un accord de coopération avec Thales pour exporter ce dispositif baptisé Coastwatcher.charteAutre technologie de détection, le faisceau laser. Le lidar (Light Detection and Ranging) est une variante du radar utilisant la lumière à la place de l'onde. L'Onera a transféré sous licence à une PME, Leosphere, un lidar impulsionnel permettant de mesurer à distance les turbulences de vent devant les éoliennes. L'autre application prometteuse du lidar est l'analyse des perturbations à l'arrière des réacteurs d'un avion de ligne pour optimiser le rythme de décollage dans les aéroports. « Notre mission n'est pas de créer des start-up mais nous n'hésitons pas à valoriser une de nos technologies. C'est très motivant pour nos chercheurs car cela change du cycle très long de l'industrie aéronautique », souligne Denis Maugard. L'Onera a créé une charte pour aider au développement des PME technologiques. « Depuis 2009, 77 PME sont en contrat avec nous. Elles ont créé une centaine d'emplois et levé 20 millions d'euros de fonds », poursuit-il. Le centre de recherche conclut aussi des « contrats de développement à risque partagé » en fournissant son expertise scientifique à des entreprises innovantes. Car l'Onera dispose de moyens exceptionnels : souffleries, bancs d'essai de moteurs, laboratoire volant (voir photo). « Par exemple, une jeune société, Nheodis, a développé un prototype d'éolienne tridimensionnelle aux performances inexpliquées. Nos ingénieurs ont aidé à fournir la preuve scientifique du phénomène grâce à une modélisation aérodynamique. Cette caution de l'Onera a clairement crédibilisé le projet lors de la recherche de financement », note Denis Maugard. Le laboratoire volant Sethi embarque un système d'imagerie radar de nouvelle génération analysant le sol. Conçu à l'origine pour des applications militaires, il s'est étendu à des campagnes scientifiques (étude de la biomasse terrestre, fouilles archéologiques...).

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