ArcelorMittal craint le ralentissement de la croissance chinoise

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L'amélioration continue de la demande enregistrée par les sidérurgistes depuis le point bas de la crise va marquer une pause, à cause du ralentissement de la croissance de leur premier marché, la Chine. En publiant ses résultats semestriels, ArcelorMittal a à son tour acté mercredi la détérioration attendue de son environnement, comme l'avaient fait avant lui le numéro trois mondial de l'acier, le sud-coréen Posco, et le premier chinois, Baosteel. Pour le troisième trimestre, le premier sidérurgiste mondial vise un excédent brut d'exploitation compris entre 2,1 et 2,5 milliards de dollars, contre 3 milliards entre avril et fin juin. « Le management communique comme nous le craignions une guidance [très] prudente pour le troisième trimestre », observe Luc Pez, analyste chez Oddo. Alors que sa production progressait de façon continue depuis fin 2008, le groupe table sur une utilisation de 70 % de ses capacités au troisième trimestre, après 80 % au précédent. En cause, un ralentissement saisonnier habituel en Europe, mais surtout la situation chinoise. La Chine, qui représente presque la moitié de la demande mondiale d'acier (et de sa production), connaît en effet un ralentissement de sa croissance, piloté par des autorités politiques redoutant une surchauffe. Résultat : l'offre d'acier est devenue excédentaire sur place, entraînant un recul des prix. Malheureusement pour les sidérurgistes, cette tendance baissière intervient dans un contexte de fort renchérissement de leurs deux grandes matières premières, le minerai de fer et le charbon. « Pour le second semestre de l'année, le défi va consister à répercuter la totalité des augmentations de coûts à nos clients », a reconnu ArcelorMittal. Ces perspectives assez moroses ont un peu éclipsé les bonnes performances du deuxième trimestre. Porté par une hausse de 42 % de son chiffre d'affaires, ArcelorMittal a dégagé un excédent brut d'exploitation de 3 milliards de dollars, contre 1,2 milliard un an plus tôt. Le titre a clôturé en baisse de 2,10 %, à 24,20 euros. surcapacités en EuropeArcelorMittal a par ailleurs dévoilé un projet pour donner son indépendance à sa division d'acier inoxydable, qui a représenté 6 % de son chiffre d'affaires en 2009. Lakshmi Mittal, le PDG du groupe, ne cachait pas depuis un moment rechercher des opportunités pour cette activité, alors que le segment souffre de surcapacités en Europe. L'opération devrait intervenir au plus tôt début 2011, et la famille Mittal conserver une participation équivalente à celle détenue dans ArcelorMittal, d'environ 40 %. Les Mittal se sont dits convaincus que la société pourrait croître plus efficacement en étant autonome.

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