L'éditorial de Olivier Provost

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Les Français auraient tort de penser que les budgets de la Sécurité sociale et de l'État, présentés mardi et mercredi, ont été réalisés par Nicolas Sarkozy, François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin. Non, leurs auteurs s'appellent messieurs Bruxelles, Berlin, Trichet et Moody's. Tout juste ont-ils laissé un peu de place dans la marge pour que les figurants français y corrigent une phrase de-ci de-là, histoire de croire qu'ils ont encore une marge de manoeuvre. Celle-ci est pourtant désormais réduite comme peau de chagrin. Et les projets concoctés par nos partenaires allemands et par la Commission européenne en matière de réforme du Pacte de stabilité ne vont pas dans le sens d'une plus grande liberté nationale... surtout pour les mauvais élèves. Car tel un Guizot, défendant le suffrage censitaire par la fameuse maxime « Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne et vous deviendrez électeurs », les censeurs européens pourraient rétorquer aux Français qui se plaignent de perdre leur liberté budgétaire : réduisez vos déficits et vous retrouverez votre indépendance. Trop sévère ? C'était pourtant la règle qui prévalait lors de la création du cercle de la monnaie unique. Mais nous, Français, avons une fâcheuse tendance à aimer les fauteuils profonds et les vieux marcs des « clubhouses » sans s'arrêter à en respecter les usages. Et l'on est tout étonné quand le majordome vient nous rappeler à l'ordre en nous présentant l'addition. Paris avait fait illusion jusque-là en se contentant de vagues promesses. Mais l'écart est devenu criant entre nos engagements et nos indisciplines. Un effort désormais s'impose, à coups de baisse des dépenses publiques, de réduction du nombre de fonctionnaires, de moindres remboursements par la Sécurité sociale. Le Pouvoir commettrait une faute en faisant porter à Bruxelles le chapeau de notre laxisme. Cette pression fédéraliste, la France s'y est condamnée, pour s'être trop longtemps affranchie des règles communes du club européen. oprovost@latribune.f

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