L'Allemagne a préservé ses sites et ses emplois

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L'Allemagne demeure un des hauts lieux de production d'automobiles dans le monde. Malgré la crise, la concurrence internationale et les délocalisations, la République fédérale était encore, en 2009, le quatrième producteur du monde de véhicules particuliers avec 4,97 millions d'unités fabriquées. Le pays a mieux résisté que beaucoup à la crise?: la production y a reculé de 11 %, contre 34 % aux États-Unis.Mais la résistance est surtout remarquable sur le long terme. La production allemande a progressé de 50 % entre 1993 à 2007 et le chiffre de 2009 demeure largement au-dessus de celui de 1997. Parallèlement, l'emploi se stabilise. En quinze ans, le nombre d'ouvriers dans la production automobile allemande a progressé de 11 %, et n'a guère évolué depuis dix ans. Durant la crise, l'automobile, comme le reste de l'industrie, a bénéficié des mesures de chômage partiel subventionnées par l'État pour réduire la production sans licencier.Force à l'exportLa clé de cette résistance allemande sur le long terme, c'est cependant sa force à l'export. Grâce à son positionnement haut de gamme et à la qualité de ses produits. Pas moins de 69 % de la production outre-Rhin est exportée, principalement encore vers l'Europe occidentale (à 61 %), de plus en plus vers l'Asie. En pleine crise, les exportations de voitures particulières d'Allemagne vers la Chine ont, l'an dernier, progressé de 38 %?! « La production française est plus dépendante des marchés européens et plus soumise à la concurrence des pays à bas coûts », souligne Ferdinand Dudenhöffer, professeur à l'université de Bochum. Enfin, la compétitivité allemande s'appuie sur des progrès constants de productivité et des dépenses en recherche et développement élevées et en hausse. À l'usine Ford de Cologne, par exemple, on peut construire une Fiesta en douze heures. « Une telle performance permet de maintenir la construction de petites voitures dans le pays », note l'expert.Retard sur l'électromobilit髠L'enjeu est de parvenir, par des gains constants de productivité, à maintenir la production en Allemagne », ajoute Ferdinand Dudenhöffer en constatant que cela signifiera sans doute des effectifs en baisse. Mais, ce qui l'inquiète, c'est surtout le retard que, selon lui, les groupes allemands ont pris en matière d'électromobilité. « Sur ce plan, les constructeurs français ont de l'avance sur les Allemands », affirme-t-il. Romaric Godin, à Francfort

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