Jean-François Copé veut rouvrir le front des 35 heures

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Sa petite phrase est passée inaperçue dans le vacarme oral du week-end politique. Mais elle devrait tout de même faire du bruit. Jean-François Copé, invité dimanche sur France Inter, a déclaré qu'il voulait remettre « sur la table » le débat sur les 35 heures. « Nous y avons contribué avec la loi qui a été votée au début du quinquennat, qui prévoyait de détaxer les heures supplémentaires en charges sociales », a précisé le président du groupe UMP. « Encore une fois, cela n'a pas de sens de dire travailler plus si l'on ne dit pas en même temps travailler mieux », a ajouté Jean-François Copé, pour qui « le débat central autour du travail pour les années qui viennent » portera sur « la question de la considération des salariés ». « Comment les associer à la stratégie et à la rémunération de l'entreprise ? », a-t-il lancé.« Gisements de croissance »En pleine offensive pour le leadership idéologique à droite, Jean-François Copé continue de « défricher » les thèmes qui pourraient servir la future campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. A la tête de son club Génération France, qui a ouvert une centaine d'antennes en région, Jean-François Copé a déjà mené des réflexions sur la dette ou l'éducation. Le 5 octobre, les « copéistes » plancheront sur les « nouveaux gisements de croissance » pour la France. Le député-maire de Meaux, qui vise la direction de l'UMP, a donc choisi de cibler la réforme phare de la gauche, élaborée par Dominique Strauss-Kahn et mise en oeuvre par Martine Aubry, les deux présidentiables vedettes du Parti socialiste. Une prise de position aussitôt dénoncée par le porte-parole du NPA, Olivier Besancenot. « Le gouvernement s'est déjà attaqué en grande partie aux 35 heures mais lui (Jean-François Copé) annonce carrément la suite du film. Si on ne les arrête pas, ils toucheront aussi aux congés payés » parce que pour la majorité au pouvoir « la logique est toujours la même : il faut faire des sacrifices, travailler plus longtemps», a-t-il dit lundi sur France Info.La loi sur la réduction du temps de travail a fêté ses dix ans en février 2010. Elle a déjà été « détricotée » à trois reprises par la droite, en 2003, 2005 et 2007, et mollement défendue par la gauche. Début 2010, Nicolas Sarkozy a ainsi affirmé qu'il fallait « permettre aux gens de travailler davantage ». Reconduite en juillet 2010 à la tête du Medef, Laurence Parisot a souligné que « la réforme de la réforme des 35 heures n'est pas achevée ». « Nous ne cesserons pas de faire des propositions pour corriger définitivement ce système abracadabrant », a déclaré au début de l'été la « patronne des patrons » . Au Medef, certains militent pour la suppression de toute référence à une durée légale du travail. Les sondages font toutefois apparaître une appréciation globalement positive des 35 heures, ce qui rend difficile une remise en cause totale de la réforme.

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