Clear Channel voit l'avenir en numérique
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Quand il est nommé directeur général de Clear Channel France, le numéro deux de la communication extérieure dans l'Hexagone, Philippe Baudillon a pour mission de remettre l'entreprise sur les rails. Aujourd'hui, la filiale française du numéro un mondial a été réorganisée, redimensionnée via notamment un plan de départs volontaires qui a vu partir 150 afficheurs « colleurs ». « Avec les nouvelles technologies, cette profession est amenée à s'éteindre », explique le PDG du groupe qui compte aujourd'hui quelque 1.100 employés dont encore une cinquantaine de colleurs...Conformément à la stratégie de William Eccleshare, le patron de la maison mère Clear Channel Outdoor, Philippe Baudillon entend « changer le centre de gravité de la filiale vers des supports qualitatifs et la faire basculer vers le numérique ». Pour mener à bien son objectif, l'éternel challenger de JCDecaux va exploiter son point fort : son monopole dans les centres commerciaux. « Car par nature, ce sont des lieux où le numérique va se développer », explique son PDG. Et aujourd'hui, estime-t-il, son groupe peut mieux faire : « Le taux d'occupation dans ces lieux très passants est insuffisant et l'exploitation n'est donc pas maximale ». Cette stratégie est au coeur du plan 2011-2013 concocté par Philippe Baudillon qui a été promu en avril dernier PDG de la filiale française et a rejoint dans la foulée le board américain. PartenariatsEx-directeur général de France 2, Philippe Baudillon compte bien exploiter cette ancienne casquette pour trouver de nouvelles sources de revenus comme « compléter l'affichage classique avec du hors média ». Profitant de la nouvelle législation qui autorise le placement de produits à la télévision, Clear Channel a signé un accord avec le producteur de la série à succès « Plus belle la vie » (4,5 millions de téléspectateurs) diffusée sur France 3, au terme duquel, à partir de décembre, des panneaux publicitaires virtuels seront incrustés durant « 6 à 8 secondes sur les 26 minutes que dure [chaque épisode de] la série ». Dans la même logique, des discussions sont en cours avec RTL et « Le Parisien » pour des partenariats marque-contenus. Mais Clear Channel se refuse d'en dire plus. Le groupe qui a gagné le contrat de commercialisation de l'écran géant numérique (66 m2) de La Défense au printemps dernier, a signé un contrat avec TF1. Pour Philippe Baudillon, « il est désormais obsolète de dire que l'affichage est un média sans contenu [...]. Le numérique permet de proposer une offre spécifique pour chaque lieu [...] et de faire grimper la profitabilité du groupe qui n'était pas très bonne à mon arrivée, avec une marge opérationnelle inférieure à 10 %. Notre objectif est de la multiplier par deux pour atteindre 20 % en 2013 et les résultats sont plus qu'encourageants puisqu'elle a déjà progressé de 30% en un an ». Sandrine Bajos
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