Le Crédit Immobilier de France se cherche un nouveau modèle économique

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Quelques semaines à peine après la nomination de Michel Bouvard, ex-président du conseil de surveillance de la Caisse des Dépôts, à la tête du Crédit Immobilier de France, arrive donc un nouveau directeur général délégué en la personne de François Morlat, ex patron de la banque KBL et énarque de la même promotion que celle de François Hollande. Cette arrivée est symptomatique. Elle coïncide en effet avec la volonté manifeste du nouvel homme fort du CIF de trouver une solution de continuité pour l’établissement. Volonté confortée lundi par Ramon Fernandez, directeur général du Trésor qui, interrogé par la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale a notamment répondu : « le Gouvernement doit avoir trois objectifs : préserver l’accession sociale à la propriété ; préserver certaines missions sociales des actionnaires du CIF que sont les SACICAP ; enfin, trouver une solution pour les salariés de l’établissement, victimes et non responsables de la situation ». Sachant que les SACICAP sont des sociétés anonymes au cœur de la structure actionnariale du groupe et qui ont la particularité de mettre en œuvre des missions sociales, comme la rénovation de logements insalubres ou la lutte contre la précarité énergétique. Le schéma d’une gestion en \"mode extinction\" n’est plus évident« Il faut éviter toute confusion entre l’activité de crédit de l’établissement et ces interventions, qui relèvent des activités propres des SACICAP même quand elles prennent la forme de prêts ou de subventions. Cependant, dans la mesure où elles sont en partie financées par les dividendes du CIF, il importe d’évaluer l’impact qu’aura sur elles la disparition de ces dividendes, pour y remédier. C’est à quoi le Gouvernement s’emploie », a ajouté le haut fonctionnaire.La situation du Crédit immobilier de France est donc bel et bien plus complexe qu’il n’y paraît. Et le schéma d’une gestion en \"mode extinction\" n’est plus évident du tout. Le groupe est en effet constitué d’une myriade de filiales avec globalement deux spécificités : d’un côté les activités de crédit et de l’autre celles de l’immobilier, les deux métiers n’ayant aucun lien capitalistique et n’ayant pour seul point commun que d’être détenus par les SACICAP auxquelles ils versent des dividendes. Lorsque l’on parle des 2.500 salariés du CIF, on ne parle que de la partie crédit car les activités immobilières regroupent, elles aussi, 2.500 personnes. Ces activités sont rentables et n’entrent absolument pas dans la problématique de refinancement évoquée par les agences de notation. Un rôle non négligeable pour la Banque Postale« Le scénario d’un recentrage du CIF sur son activité principale est envisageable si l’on considère qu’il s’agit de missions d’intérêt général dans un secteur qui n’est pas, ou qui n’est que relativement peu concurrentiel. Et il y a bien certaines catégories d’emprunteurs pour lesquelles le CIF a une exclusivité : les intérimaires, par exemple, ou encore les personnes âgées qui souhaitent financer des travaux d’adaptation de leur logement. Une banque classique ne leur prêterait pas », a précisé Michel Bouvard devant la Commission des Finances. Soit. Restructurer le groupe autour des seules activités de financement des foyers à faibles revenus est non seulement une décision politique mais aussi une solution qui ne pourra se faire sans l’aide d’un intervenant extérieur. D\'où le rôle non négligeable que devrait jouer la Banque Postale, filiale de la Caisse des Dépôts, dans ce schéma.Une chose est sûre : les nouveaux dirigeants du CIF vont devoir faire vite. Car Bruxelles attend la notification de l’aide de l’Etat français avant de donner son quitus prévu pour le mois de février 2013. « À ce stade, nous n’avons procédé qu’à une notification incomplète dans la mesure où ne disposions pas de toutes les informations nécessaires, faute de coopération de la part de l’ancien président-directeur général du CIF. Dès que nous serons en mesure de fournir un dossier complet, les discussions pourront s’engager » a d’ailleurs stipulé Ramon Fernandez.Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a laissé entendre, de son côté,  que des agences du Crédit immobilier de France, au bord de la faillite, pourraient être reprises par des banques, mercredi lors d\'une autre audition à l\'Assemblée nationale. \"Je pense, personnellement, d\'après les contacts que j\'ai eus, qu\'un certain nombre d\'agences (...), une partie du réseau commercial ou des pans de réseau commercial pourraient intéresser certaines banques\", a déclaré M. Noyer. \"J\'ai des signes assez précis pour un certain nombre d\'agences\", a-t-il ajouté, sans davantage de précisions. 

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