L'éditorial de Pierre-Angel Gay

Ce n'est qu'une promesse. Mais elle est belle. Après douze ans de présence en Chine, Axa a décidé d'y troquer sa bicyclette contre une place arrière dans une puissante limousine. L'assureur de l'avenue Matignon, à Paris, avait jeté son dévolu sur l'empire du Milieu en 1998, y créant une coentreprise à 51 %-49 % avec le conglomérat China Minmetals. La tentative n'a pas donné les résultats escomptés. La coentreprise a collecté moins de 90 millions d'euros de primes sur les neuf premiers mois de l'année, malgré une croissance de... 54 % ! À l'échelle de la Chine, de son 1,3 milliard d'habitants et de son essor effréné, comme à l'aune du plus international des assureurs européens, Axa Minmetals restait un acteur marginal. C'est d'ailleurs le sort de tous les assureurs d'origine étrangère en Chine, tant le marché y est fragmenté et les autorisations locales difficiles à décrocher. Avec l'accord annoncé jeudi, la compagnie française change de braquet. Elle adosse la modeste coentreprise à la banque chinoise ICBC, la première au monde par sa capitalisation boursière, forte de ses 16.000 agences et de ses 230 millions de clients. Les chiffres fascinent. La réalité est plus complexe, puisque les deux anciens partenaires ont dû céder 60 % du capital de leur filiale à leur nouvel allié. Axa n'a même pas pu obtenir de ce dernier d'être son partenaire exclusif, seulement « privilégié ». En revanche, le directeur général opérationnel sera un homme d'Axa et le groupe français participera au comité exécutif. C'est une petite consolation. Mais faire un bout de chemin dans la bancassurance avec un géant tel qu'ICBC ne se refuse pas. Même si c'est en stop. [email protected]

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