La révision des traités européens fait débat

On veut bien aider les Allemands avec leur Cour constitutionelle mais il faut respecter une certaine orthodoxie », déclarait jeudi une source bruxelloise quelques heures avant l'ouverture du sommet européen qui s'achèvera ce vendredi. Les Vingt-Sept s'acheminent bel et bien vers une nouvelle réforme du traité sur l'Union pour éviter à la chancelière Angela Merkel d'être mise en difficulté par sa Cour constitutionnelle. La déclaration surprise franco-allemande pour introduire dans les traités un mécanisme de résolution des crises financières d'un État-membre fait son chemin.Vingt-quatre pays hostilesEn dépit de l'amertume des délégations mais aussi à la Commission européenne et au Parlement face au coup franco-allemand, il est frappant de voir à quelle vitesse l'idée d'une réforme des traités s'impose. Il y a moins de deux semaines, à Luxembourg, vingt-quatre pays avaient marqué leur hostilité, la Pologne, seule, adoptant une position neutre. Les mêmes devraient tout à l'heure donner mandat au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, pour dire comment on réforme et surtout pour quoi faire.La tâche d'Herman Van Rompuy sera moins simple qu'il n'y paraît. Bien sûr, il existe une voie toute tracée, celle que recommandera Berlin : une réforme légère du traité, d'ailleurs prévue dans le traité lui-même, qui n'épargne certes pas forcément à l'Irlande ou l'Autriche d'en passer par un référendum, mais évite de réunir une Convention européenne, comme pour feu le traité constitutionnel.Mais tout le monde n'est pas sur cette ligne. Jeudi, les dirigeants du Parti populaire européen (PPE), dont est membre l'UMP, devaient faire part de leurs réserves au président Sarkozy venu défendre la ligne franco-allemande lors du traditionnel « présommet » du PPE. Récemment, l'Espagnol Ingo Mendez de Vigo, un membre influent du PPE, a fait savoir qu'une réforme des traités n'était pas envisageable sans convention. En clair sans la consultation des parlementaires.Par ailleurs, le fond de la réforme soulève des questions. « Il y a là-dedans des propositions exotiques qui semblent ne pas être faisables », indique le Premier ministre polonais Donald Tusk avant de s'envoler pour Bruxelles. Un membre du gouvernement espagnol avait lui qualifié d' « excessive » l'idée de suspendre les droits de vote des pays obstinément déficitaires.En somme, Paris et Berlin auront bien du mal à éviter de rouvrir la boîte de Pandore du Pacte de stabilité.

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