Mouvement européen pour féminiser les conseils d'administration

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Elles n'ont jamais eu droit à accéder au fauteuil de président de la République italienne ni à celui de président du Conseil. Mais elles devraient enfin voir s'ouvrir les portes du pouvoir économique de la péninsule. A l'occasion du Conseil des ministres prévu ce vendredi, le ministre de l'Économie et des Finances Giulio Tremonti doit proposer l'introduction de quotas pour imposer la présence des femmes dans les conseils d'administration des sociétés italiennes. Le texte législatif qui devrait être ainsi discuté au Parlement à partir de la semaine prochaine constitue un vrai bouleversement dans un pays où les femmes n'occupent encore que 7,6 % des postes de responsabilité des entreprises cotées en Bourse. « C'est une révolution », commente la parlementaire du Parti démocrate (PD, centre gauche) Alessia Mosca qui, avec sa collègue de la majorité (Parti du Peuple de la liberté, dirigé par Silvio Berlusconi) Lella Golfo, est à l'origine du projet de loi.« L'État doit montrer l'exemple »Concrètement, la mesure prévoit l'obligation pour les entreprises d'accueillir au minimum 30 % de femmes dans leurs conseils d'administration. Le seuil est également valable pour les sociétés à participation publique comme la Poste, la compagnie aérienne Alitalia, la radio-télévision Rai ou les géants de l'énergie ENI et Enel. « L'État doit montrer l'exemple », insiste Alessia Mosca qui précise que, fruit d'un compromis, « la disposition est limitée dans le temps [à savoir durant trois mandats de conseils d'administration, soit neuf ans au total, Ndlr]. Il s'agit de provoquer un déclic ». D'autant que la sanction devrait être très lourde pour les contrevenants : l'annulation des conseils d'administration récalcitrants.Officiellement, le projet de loi bénéficie d'un large soutien à droite comme à gauche. Seuls quelques francs-tireurs ont publiquement fait part de leur perplexité. « La proposition pourrait être contraire à la Constitution », a avancé le secrétaire d'État en charge de la famille (centriste) Carlo Giovanardi. « Les résistances sont peu à peu tombées y compris parmi les entrepreneurs », constate toutefois la promotrice du projet qui estime que la mesure « devrait permettre de faire entrer des nouvelles forces dans un système bloqué ». Si l'empire Berlusconi est aujourd'hui dirigé par Marina, la fille aînée de Silvio (également au conseil d'administration de la banque Mediobanca), et la Confindustria (le patronat italien) présidée par Emma Marcegaglia, les femmes aux commandes restent largement minoritaires. Selon une étude récente de l'université Bocconi la moitié des sociétés cotées à la Bourse de Milan ne comptent aucune femme dans leurs organes de direction et seules 35 % ont placé une femme dans leurs conseils de direction. Quant aux salaires, la différence entre les sexes est de l'ordre de 21,4 % soit 2 points de plus qu'il y a douze ans.

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