De la Norvège à l'Espagne, une dynamique qui se développe

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Petit à petit, les femmes se sont fait une place au sein des conseils d'administration des entreprises. Avant la France et l'Italie, l'Espagne et les Pays-Bas avaient légiféré, fixant la date limite de 2015 pour que les entreprises obtempèrent. La Belgique, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Suède y réfléchissent activement. Autant dire que l'exemple de la Norvège fait des émules. Car c'est ce pays qui a été pionnier en la matière. Dès 2002, le ministre - conservateur - du Commerce et de l'Industrie norvégien, Ansgar Gabrielsen, propose de laisser 40 % des sièges à des femmes dans les conseils d'administration. Stupeurs, tremblements : le monde, très masculin, de l'industrie norvégienne n'en croit pas ses oreilles. Puis est venue une course effrénée pour trouver la femme qui aurait le parcours idéal, afin de sièger dans des secteurs tels que le pétrole, par exemple. Le patronat a décidé de former des femmes. Les « Jupons dorés »Certaines expertes se sont vu proposer des dizaines de sièges, au point d'être surnommées les « jupons dorés », compte tenu des sommes rondelettes qu'elles percevaient pour leurs services dans les multiples « boards » auxquels elles appartenaient. La loi norvégienne, passée en 2003 et assortie d'une menace, celle de dissoudre les entreprises récalcitrantes, laissait jusqu'à 2006 aux entreprises publiques pour le faire, et jusqu'à 2008 aux sociétés cotées. Toutes ont devancé l'appel. Le résultat est probant : alors que les femmes (qui représentent environ la moitié de tous les salariés norvégiens, à l'image d'autres pays d'Europe) n'étaient que 7 % à sièger aux conseils d'administration des entreprises privées en 2003, elles sont aujourd'hui 44 %, dans plus de 400 entreprises. Une progression sans précédent. Etant donné qu'elle n'était que de 1 % par an sans contrainte légale, il aurait fallu 200 ans pour atteindre la proportion actuelle, selon les promoteurs du projet ! Dans le reste de l'Europe, la présence des femmes dans les conseils (sans législation) est de l'ordre de 10 % et de 15 % aux États-Unis. Reste que les conseils d'administration ne sont pas tout. L'augmentation de la présence des femmes au sein de ces instances ne semble pas induire, selon une étude réalisée par l'université du Michigan, une progression parallèle du nombre de femmes chefs d'entreprise. L. J. B.

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