Au Brésil, Dilma Rousseff est toujours en tête des sondages

Drôle de campagne électorale au Brésil : la croissance dépassera 7 % cette année, la plus élevée du dernier quart de siècle, le chômage est tombé à 6,2 %, un plus-bas historique, les entreprises s'attendent à un record de consommation à Noël et la saison touristique s'annonce radieuse. Pourtant, il suffit que les Brésiliens allument leur télévision à 20 h 30, heure de diffusion des clips électoraux pour oublier l'optimisme ambiant. Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs (PT) et José Serra, du Parti de la sociale-démocratie brésilienne (PSDB), le centre-droit, se livrent depuis quatre semaines une guerre sans merci pour être élu président de la République ce dimanche. Tous les coups sont permis, quitte à oublier « qu'au Brésil, les campagnes négatives sont mal perçues par les électeurs », rappelle Alessandra Aldé, professeur de communication. Avec 47 % des suffrages, Dilma Rousseff a été privée d'une victoire au premier tour par la performance de Marina Silva, arrivée en troisième position avec plus de 19 % des voix. Elle a bénéficié d'un vote protestataire, après la révélation d'un scandale de trafic d'influence touchant l'ex-bras droit de la candidate du PT. Évangéliste militante, Marina Silva a aussi tiré profit de la défiance à l'égard de Dilma Rousseff accusée de vouloir légaliser l'avortement. José Serra, qui a récolté 33 % des votes, a tenté d'exploiter le filon dans l'entre-deux tours. Il apparaît flanqué de sa famille, assure défendre les « valeurs chrétiennes », et fait intervenir des pasteurs en sa faveur. L'ex-gouverneur de Sao Paulo veut aussi accréditer la thèse de la violence du PT : il a exploité pendant plusieurs jours des images d'une manifestation durant laquelle il aurait reçu sur la tête un rouleau de scotch. Lula appelle à voter Dilma De son côté, Dilma Rousseff a rappelé que José Serra, lorsqu'il était ministre de la Planification du président Fernando Henrique Cardoso, a été l'artisan de la vente de plusieurs entreprises publiques. Elle a aussi mis en avant les déclarations de proches du candidat conservateur considérant que la compagnie nationale Petrobras n'était pas en condition d'exploiter en majorité le pétrole des gigantesques gisements récemment découverts. C'est un argument qui fait mouche dans un pays où les privatisations sont très impopulaires. Selon le dernier sondage, publié par l'institut Census, Dilma Rousseff creuse l'écart en cette fin de campagne : elle serait élue avec 56 % des suffrages. L'atout de celle qui pourrait devenir la première femme présidente du Brésil est toujours son mentor, le président Luiz Inacio Lula da Silva, dont la popularité atteint 82 %. Ce mercredi, alors qu'il fêtait ses 65 ans, le président sortant a demandé un cadeau au peuple brésilien : « ce dimanche, votez Dilma. » n

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